– J’ai le cafard, aujourd’hui.
– C’est une assez drôle d’expression, « avoir le cafard ».
– Oui, c’est vrai.
– J’aime mieux « avoir les bleus », mettons.
– Oui, c’est bon, ça, « avoir les bleus ».
– Je veux dire, j’aime mieux dire « avoir les bleus », pas les avoir.
– Oui, j’avais compris.
– Comment ça se fait que tu as les bleus ?
– On peut dire « Je me sens down » aussi.
– « Se sentir down », c’est pas mal plus sérieux que « d’avoir les bleus ».
– C’est vrai que c’est pas mal plus heavy.
– Mais c’est pas la même chose que « d’être down », comme dans : « Man, je suis down aujourd’hui », c’est pas comme : « Man, je me sens down aujourd’hui. »
– C’est pas comme « Mec, je me sens down aujourd’hui, tu piges ? ».
– « Mec », je trouve ça assez bien, moi, ça sonne assez bien, « mec ». « Écoute, mec ! »
– Il y a « mon gars » aussi, comme quand tu dis : « Mon gars, si tu savais comme je me sens down aujourd’hui ! »
– Oui, tu peux dire : « Écoute, mon gars ! », « mon gars » ça se prête à pas mal toutes sortes de choses, finalement.
– C’est comme dire « trou de cul » et « trou du cul », c’est la même chose, mais en même temps c’est pas tout à fait la même chose.
– On peut dire « Tous les Français sont des trous du cul », et ça marche, et on peut dire « Tous les Québécois sont des trous de cul », et ça marche aussi.
– Un Français qui dit « Bon ben je me tire ! », c’est pas comme un Québécois qui dit « Bon ? Ben je me tire, d’abord ! ».
– Le gars se sent un peu down, mettons.
– Les Français, ils « tirent les vers du nez », nous autres on « tire des roches ».
– C’est pas la même chose, c’est sûr, comme en anglais tu as le mot « shallow », tu as pas d’équivalent en français, en français il faut dire « pas profond » ou « de peu de profondeur » ou encore « pas creux ».
– « Un gars creux », ça peut vouloir dire qu’il est vide à l’intérieur, comme dans « Ça sonne creux », ou bien ça peut vouloir dire « un gars profond » comme dans « Va pas dans le creux ! ».
– Ou « Va pas dans le trop creux, là ! ».
– En anglais, on peut employer « shallow » pour des personnes, c’est-à-dire au « figuré ».
– En français, on dit « superficiel », c’est un assez beau mot, quand tu y penses, « superficiel ».
– Moi j’aime bien le mot « astucieusement », essaye de dire ça, « as-tu-ci-eu-se-ment ».
– L’anglais est une langue extrêmement concrète, nous autres on dit « aisselle » et eux autres ils disent « armpit », « trou de bras », ou bien ils disent « book-shelves », « tablettes à livres », et nous autres on dit « bibliothèque ». « Je vais ranger ce livre dans ma bibliothèque. »
– Par contre, « dessours de bras » ça sonne autrement que « aisselle », « aisselle » c’est plus pour les femmes, ça.
– Si tu peux dire « aisselle » et « dessours de bras », ou encore « tsour de bras », au singulier ou au pluriel, parce que « dessours » avec un « s » veut pas nécessairement dire que c’est au pluriel, ça veut plutôt dire que « dessours » est formé ou déformé à partir de « dessous » dont il garde le « s ».
– Donc ?
– Donc, si tu peux dire « aisselle » et « dessours de bras » ou « tsour de bras », tu as les deux mots, en fait tu en as trois, ça peut te servir à faire toutes sortes de nuances.
– Comme si tu dis « profondément superficiel », mettons.
– « Profondément superficiel », c’est un oxymoron, comme « soleil noir », ou « noir soleil ».
Jeudi 18 décembre 2003
– C’est une assez drôle d’expression, « avoir le cafard ».
– Oui, c’est vrai.
– J’aime mieux « avoir les bleus », mettons.
– Oui, c’est bon, ça, « avoir les bleus ».
– Je veux dire, j’aime mieux dire « avoir les bleus », pas les avoir.
– Oui, j’avais compris.
– Comment ça se fait que tu as les bleus ?
– On peut dire « Je me sens down » aussi.
– « Se sentir down », c’est pas mal plus sérieux que « d’avoir les bleus ».
– C’est vrai que c’est pas mal plus heavy.
– Mais c’est pas la même chose que « d’être down », comme dans : « Man, je suis down aujourd’hui », c’est pas comme : « Man, je me sens down aujourd’hui. »
– C’est pas comme « Mec, je me sens down aujourd’hui, tu piges ? ».
– « Mec », je trouve ça assez bien, moi, ça sonne assez bien, « mec ». « Écoute, mec ! »
– Il y a « mon gars » aussi, comme quand tu dis : « Mon gars, si tu savais comme je me sens down aujourd’hui ! »
– Oui, tu peux dire : « Écoute, mon gars ! », « mon gars » ça se prête à pas mal toutes sortes de choses, finalement.
– C’est comme dire « trou de cul » et « trou du cul », c’est la même chose, mais en même temps c’est pas tout à fait la même chose.
– On peut dire « Tous les Français sont des trous du cul », et ça marche, et on peut dire « Tous les Québécois sont des trous de cul », et ça marche aussi.
– Un Français qui dit « Bon ben je me tire ! », c’est pas comme un Québécois qui dit « Bon ? Ben je me tire, d’abord ! ».
– Le gars se sent un peu down, mettons.
– Les Français, ils « tirent les vers du nez », nous autres on « tire des roches ».
– C’est pas la même chose, c’est sûr, comme en anglais tu as le mot « shallow », tu as pas d’équivalent en français, en français il faut dire « pas profond » ou « de peu de profondeur » ou encore « pas creux ».
– « Un gars creux », ça peut vouloir dire qu’il est vide à l’intérieur, comme dans « Ça sonne creux », ou bien ça peut vouloir dire « un gars profond » comme dans « Va pas dans le creux ! ».
– Ou « Va pas dans le trop creux, là ! ».
– En anglais, on peut employer « shallow » pour des personnes, c’est-à-dire au « figuré ».
– En français, on dit « superficiel », c’est un assez beau mot, quand tu y penses, « superficiel ».
– Moi j’aime bien le mot « astucieusement », essaye de dire ça, « as-tu-ci-eu-se-ment ».
– L’anglais est une langue extrêmement concrète, nous autres on dit « aisselle » et eux autres ils disent « armpit », « trou de bras », ou bien ils disent « book-shelves », « tablettes à livres », et nous autres on dit « bibliothèque ». « Je vais ranger ce livre dans ma bibliothèque. »
– Par contre, « dessours de bras » ça sonne autrement que « aisselle », « aisselle » c’est plus pour les femmes, ça.
– Si tu peux dire « aisselle » et « dessours de bras », ou encore « tsour de bras », au singulier ou au pluriel, parce que « dessours » avec un « s » veut pas nécessairement dire que c’est au pluriel, ça veut plutôt dire que « dessours » est formé ou déformé à partir de « dessous » dont il garde le « s ».
– Donc ?
– Donc, si tu peux dire « aisselle » et « dessours de bras » ou « tsour de bras », tu as les deux mots, en fait tu en as trois, ça peut te servir à faire toutes sortes de nuances.
– Comme si tu dis « profondément superficiel », mettons.
– « Profondément superficiel », c’est un oxymoron, comme « soleil noir », ou « noir soleil ».
Jeudi 18 décembre 2003
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