Cinquante chroniques

13 décembre 2017

1. Annexons la Chine !

Mon idée, moi, c’est que le Québec devrait annexer la Chine, mettons, « unilatéralement », comme on dit.
Non mais, c’est vrai, à quoi ça nous sert à nous autres la Chine comme c’est là, à vraiment pas grand-chose, ça c’est sûr. En fait, la Chine ça sert rien qu’aux Chinois qui veulent être Chinois, c’est un non-sens, tout le monde sait parfaitement que n’importe qui aimerait mieux avoir « le passeport canadien », « la carte d’assurance santé », « la sécurité sociale », bref, le kit.
Un coup la Chine annexée, le poids du Québec sera pas mal plus fort dans la confédération canadienne, et à ce moment-là : Fuck you, le Canada ! Bonsoir, elle est partie ! Les Chinois annexés, ça les dérangera pas de voter oui à un référendum sur l’indépendance, ils se contre-câlissent du Canada comme de leur dernière baguette, eux autres, les Chinois, tant qu’ils peuvent livrer des « Numéro 2 » pour quatre personnes ils sont heureux, ce monde-là.
Voulez-vous la séparation du Québec ?
Non : cinq cent mille votes.
Oui : un milliard de votes.
Le résultat clair et net, incontestable, comme !
Mais tout à coup les Chinois résistent à se faire annexer ? Pas de problèmes, on les adopte toute la gang, ça finit là. On va à l’ONU et on propose que le Québec adopte collectivement la Chine au grand complet. Les Chinois ont même pas besoin de déménager, ils peuvent rester chez eux, si c’est ce qu’ils veulent, c’est plus simple et comme ça tout le monde est content. On leur demande juste de nous envoyer mettons deux trois dizaines de millions de petites pépées de quatorze quinze ans pour augmenter notre cheptel de femmes. Après ça, on fait semblant de se convertir musulmans et on a le droit d’avoir autant de femmes qu’on en veut, chaque homme s’en marie vingt, trente, quarante, si ça lui tente. Les petites poupées chinoises, ça fait leur affaire, elles allument assez vite, merci beaucoup, elles ont pas d’autres choix si elles veulent se pogner un gars de chez nous, c’est comme évident, il me semble.
Avec autant de femmes « en nombre supérieur », mettons trente millions de femmes pour trois millions d’hommes, moins les enfants et les fifs et les vieux plus capables de bander ou aveugles et paralysés, etc., le Québec peut virer total matriarcal du jour au lendemain, les femmes font tout le travail qu’il y a à faire, elles s’occupent de tout, nous autres pendant ce temps-là on se contente d’être des joyeux coureurs des bois la graine à l’air et de forniquer comme des lapins à longueur de journée.
C’est le bonheur !
À cause du succès de l’opération et de notre force démographique et de notre puissance économique, on devient le temps de le dire l’envie du monde entier, en plus d’être le premier pays producteur de riz de la Planète. Les pays bas de gamme se battent au sang, forcément, pour qu’on les annexe ou qu’on les adopte eux autres aussi. Comme on a imposé la loi 101 aux Chinoises qui sont venues vivre ici et à tous les autres Chinois-Québécois restés en ancienne « Chine » (la Chine est devenue mettons comme une sorte de Cantons de l’Est Asiatiques), tout le monde veut se faire franciser de force pour faire partie de notre magnifique nation, la langue française règne partout sur la terre, même les hosties de Français de France se mettent à parler québécois pour arrêter d’avoir l’air d’une belle gang de tatas.
Pour finir, on annexe les États-Unis, et là, l’humanité a atteint son but, elle est devenue une seule grande nation sans frontières : Le Québec ! Fini les guerres, etc., on a réglé tous les problèmes de la terre une fois pour toutes.
C’est génial !
Jeudi 11 décembre 2003

12 décembre 2017

2. Les oreilles

J’étais couché dans mon divan, je me demandais à quoi je pourrais bien essayer de penser pour passer le temps. À un moment donné, une sorte d’idée me vient dans la tête, je me dis : je connais personne qui a des disques de Gilles Vigneault…
Eurêka !
En fait, j’ai jamais connu PERSONNE au monde qui avait UN SEUL disque de Gilles Vigneault. P-E-R-S-O-N-N-E !
C’est vrai, je le jure ! Pourtant j’ai un peu circulé, moi, j’ai un peu baisé dans ma vie !
Non mais, comment il fait pour se nourrir, ce gars-là ? Il tricote des casquettes de soi-disant loups des mers ? Il gosse des rames de chaloupe, ou quoi ? Des mâts ? Ou bien il a des subventions de quelque sorte ?
C’est peut-être pour ça qu’il est toujours aussi mal habillé, parce qu’il a pas les moyens ? Le col roulé en polyester, « coordonné » avec les culottes pareilles… Son éternel « ensemble », trente ans de temps… Il doit être comme Olive Oil avec ses quarante-deux robes identiques dans son garde-robe. D’un autre côté, il faut essayer de le comprendre, Gilles Vigneault, les clowns ça a besoin d’un costume, le monde les reconnaissent plus facilement comme ça quand ils les voient, mettons.
En parlant de clown, à un moment donné j’entends Paul Piché dire publiquement à la télévision : « Moi je me sens privilégié de vivre à la même époque que Gilles Vigneault, moi. »
Tel quel ! Mot pour mot !
Ça va pas, non ? Hey ! La bière te fait pas juste faire de l’urticaire, mon gars !
Privilégié pourquoi ? Il a gagné le prix Nobel de quoi, Gilles Vigneault ? Il a écrit des chansons, pas la Très-Sainte Bible ! Quelques chansons ! On sait même pas combien ! Il a fait des disques que personne a !
« Moi je me sens privilégié de vivre à la même époque que Michael Jackson ! Que Patrick Bruel ! Que La Poune ! Que Jean-François Poutine ! Que Donald Duck ! »
Qu’est-ce qu’il a fait pour moi, Gilles Vigneault ? Il a inventé le radium ? La gigue ? Les corn flakes ? Le Nutella ? Le bikini ? La Boréale rousse ? Le pétrole ? À quoi il me sert, moi, ce gars-là ? À quoi il sert à qui ?
C’est ce que je voudrais bien savoir !
Un coup parti, à quoi il sert Paul Piché, je veux dire à part à vendre des disques de Paul Piché ?
Pourquoi tu aurais envie d’inviter ce monde-là dans ton taudis ? Ou dans ton tipi ? Qu’est-ce que ça peut t’apprendre, une vedette ? À monter un show dans le sous-sol de ton bungalow le samedi matin ? À faire du ski nautique ? À te servir d’une râpe à fromage ?
Non ! Une vedette, c’est quelqu’un qui t’apprend à lui donner de l’argent, ça finit là !
« Maudit argent ! »
À part ça, j’y pense, tant qu’à y être, est-ce qu’il y a quelqu’un quelque part au monde qui met du Gilles Vigneault dans ses partys pour booster un peu l’atmosphère, pour que ses invités aient le goût de s’éclater comme des malades ? Est-ce qu’il y a une seule créature au monde qui a déjà écouté du Gilles Vigneault en fumant un bon gros « jouint », comme disait l’autre ?
C’est la question qu’il faudrait se poser !
Et la poser, c’est y répondre !
(Peut-être Gaston Miron, mettons ? Ou Pauline Julien ? Ça se peut… Ce genre-là, le genre « privilégiés » eux autres aussi… Aujourd’hui morts et enterrés, naturellement, mais autrefois hautement « privilégiés »…)
Il faudrait que je fasse le coup à quelqu’un, un de ces Noël.
– Tiens ! Un CD de Gilles Vigneault !
Rien que pour lui voir la bette !
– Euh… Merci… Merci vraiment beaucoup…
Je gaspille pas mon temps, moi, quand je m’y mets, j’ai rien que ça à te dire, moi, Chose.
Jeudi 11 décembre 2003

11 décembre 2017

3. Mario qui ?

J’étais chez du monde, une fois, ça m’arrive, ils se mettent à écouter le téléroman « Laver, laver » de Stéphanie de Bourguignonne, ça m’intéresse pas, moi, ces affaires-là, c’est comme trop intellectuel pour ma petite tête, j’y comprends rien, ça fait que je décâlisse, je m’en vais voir ailleurs si j’y suis, je marche dans les rues de notre belle (…) ville de Montréal, je réfléchis à toutes sortes de choses, pas trop compliquées, de préférence, je me mets à penser à Jimi Hendrix, par exemple, je sais pas pourquoi, je me demande si c’est vraiment vrai ce qu’on raconte, que des fois il jouait de la guitare tellement vite qu’elle prenait en feu, ça se peut quasiment pas, cette histoire-là, mais c’est ce que j’ai déjà entendu dire, il me semble, à un moment donné je croise un gars l’air assez idiot, bien rasé mais la barbe forte, le poil noir, l’espèce de regard pas très allumé du primate (« animal de l’ordre des mammifères placentaires, à dentition complète et à main préhensile »), le genre les deux yeux dans le même trou, à cause des sourcils peut-être, du front bas, etc., bref, le pas très vite par excellence, je me dis tiens, mais c’est Mario Dumont, ce gars-là, en tout cas il lui ressemble comme deux gouttes d’eau, ah, moi j’ai une grande admiration, moi, pour le beau Mario Dumont, sérieusement, ce fringuant gaillard-là il m’impressionne beaucoup, moi, c’est un petit trou du cul insignifiant sans la moindre envergure, comme il y en a des milliards au Québec et ailleurs dans le Vaste Monde, mais il faut bien reconnaître qu’il l’a trouvée lui, l’affaire, la politique ici c’est comme plutôt simple, ou bien c’est le Parti Libéral ou bien c’est le Parti Québécois, ça changera jamais, tout le monde sait ça, à commencer par le beau Mario, ça fait qu’il s’embarque dans une espèce de « parti politique » bidon, une niaiserie, une nullité totale, son truc c’est qu’il est sûr à 100 pour 100 que son parti sera JAMAIS élu, JAMAIS, il peut seulement enlever un peu de votes aux libéraux, un peu de votes aux péquistes, sans que ça ait jamais AUCUNE conséquence d’AUCUNE sorte, ça fait que « fort de cette assurance » il peut dire N’IMPORTE QUOI, absolument N’IMPORTE QUOI, comme moi, mettons, comme n’importe quel ivrogne délirant en train de morver dans sa barbe et de chier dans ses culottes et de vomir sur le plancher de sa soue à cochons en hurlant des insanités incompréhensibles, en campagne électorale il peut promettre n’importe quelle connerie gigantissime et pharaonique, n’importe quelle titanesque absurdité sans nom de psychopathe halluciné crinqué au PCP, n’importe quelle cauchemardesque idée sans queue ni tête de schizophrène tordu complètement disjoncté qui parle en langues inventées, il peut brailler n’importe quelle critique de bouffon surréaliste décérébré victime de lobotomies à répétition à coups de machette infectée au pire virus de l’encéphalite spongiforme bovine possible dans tout l’univers connu et inconnu, ABSOLUMENT N’IMPORTE QUOI qui dépasse l’entendement, qui déraille, qui tient pas debout, qui est illogique, irrationnel, indéchiffrable, fou, qui détruit les fondements mêmes des limites pourtant assez élastiques de la pensée humaine et même de celle des végétaux les plus légumes en état de décomposition la plus totale et irréversible, c’est à peu près ça, Mario Dumont, en gros, il a cette chance-là faramineuse, cette position-là unique, prodigieuse, inouïe, et en plus il est payé pour, parce qu’un nombre suffisant d’arriérés crétins bornés croupissant dans le vide le plus sordide des plus inextricables bas étages concevables du cerveau reptilien s’acharnent maladivement à l’élire dans son comté de la Rivière-du-Loup, finalement à force de marcher cahin-caha j’arrive mine de rien à la « Brasserie des Variétés » et je vais me soûler la gueule comme un grand, that’s it, that’s all folks, c’est tout, au revoir et merci.
Vendredi 12 décembre 2003

10 décembre 2017

4. La pub c'est de la merde

Les Japonais, c’est du monde assez anguleux, je trouve, leur langue, surtout, elle manque de liant, il y a presque pas de consonnes dans leur affaire. C’est bizarrement fabriqué, tu peux avoir une phrase complète avec rien que des voyelles dedans, forcément ça sonne un peu drôle. À moins que tu sois Japonais, j’imagine.
L’allemand, par contre, j’aime ça, une langue il faut que ça sonne, et l’allemand ça sonne pas rien qu’à peu près, c’est sérieux comme langue, l’allemand, on peut pas dire le contraire.
Ils nous ont tellement fait chier avec la civilisation gréco-romaine que même Juliette Gréco a fini par en avoir plein son cul, par contre personne nous a jamais parlé des Germains qui ont fait l’Allemagne et la Scandinavie et qui sont allés en Amérique avant tous les autres Gréco-Romains et qui ont pas été pour rien non plus dans l’effondrement de l’Empire romain et donc dans le début du Moyen Âge en Europe. C’est le secret le mieux gardé de l’histoire, les Germains, leur mythologie, leur culture, leur civilisation. Ils étaient pas assez fifs, peut-être…
Un beau jour, l’Adolf arrive au pouvoir, dix ans plus tard l’Europe est nazifiée de la Norvège jusqu’à la Cropole, la pauvre France réduite, elle, à une sorte de bistrot plein de blablateux ahuris. Si les États-Unis étaient pas venus s’en mêler, merci à nos bons amis les anguleux Japonais, l’Europe aurait l’air de quoi, aujourd’hui ?
Goebbels, le ministre de la propagande, il avait un doctorat en philosophie, ce gars-là, c’était un écrivain aussi, pas terrible mais il avait vraiment le « profil », il fonctionnait vraiment comme un écrivain. Adolf l’aimait bien, c’est lui qui a inventé les campagnes électorales en avion, du jamais vu à l’époque, même en Amérique. Il a jamais eu aucune influence sur aucune politique du « Reich », mais sans ses campagnes de mise en marché les disques à l’Adolf se seraient pas mal moins bien vendus, mettons.
Il était marié et pourtant il aimait fourrer des femmes, Goebbels, il courait après les actrices, ces éternelles salopes, la cinéaste Leni Riefenstahl faisait partie de son « entourage », elle aussi. C’est elle qui a tourné les fameux congrès de Nuremberg, des espèces de chefs-d’œuvre dans leur genre, tout le monde sait ça.
C’est quoi, Leni Riefenstahl ? C’est l’essence de la pub. Des dizaines d’années plus tard, elle s’est défendue comme elle a pu, « non non, j’étais pas nazie, voyons donc, je voulais juste faire des belles images ! ». Mets-en que tu en as fait des belles images, mon hostie de putain !
Quand j’entends parler des festivals de pub, ça me fait vomir, il y a même des émissions à la télévision qui voudraient nous faire avaler que la publicité c’est une forme d’art. Leni Riefenstahl elle dit quoi, elle ? Exactement la même chose. « Moi je suis une artiste, c’est pas le contenu qui compte, c’est la forme, viens pas me faire chier avec tes câlisses de niaiseries, Chose ! »
Les mangeux de marde de la pub, ça boit du vin, ça s’achète des livres et des disques de jazz, ça consomme de la kulture et c’est « branché » et ça se dit des artistes parce que ça fait des belles images pour les bandits aux mains pleines qui règnent sur le monde ? Le gag !
Tu demandes pas ce qu’il pense au tueur à gages venu te flinguer, il est pas payé pour penser, il est payé pour te flinguer. Dans la pub comme dans la propagande, un vendu c’est un vendu, et un vendu ça pense pas non plus, c’est pas sa job, sa job c’est d’être un chien au service du maître qui le nourrit. La merde à MacDonald, c’est bon pour le pauvre monde et surtout pour les enfants, l’Adolf lui aussi il aimait bien se faire photographier avec des belles petites filles qui lui donnaient des bouquets pendant que la gang à Goebbels le photographiait et le filmait, c’est quoi la différence, tu penses ?
Allez, mondialisez-moi ça, Mme Riefenstahl.
Vendredi 12 décembre 2003

9 décembre 2017

5. Mange donc de la marde !

Les Européens, ils flippent, ils en reviennent carrément pas. « Ah, ces Américains ! Ils sont quand même incroyables, ces mecs ! Voilà-t-il pas qu’ils ont développé et perfectionné un spécimen d’être humain qui, c’est bien le cas de le dire, avait jamais pris des proportions semblables avant eux autres : l’enfant obèse ! »
C’est exact, mais moi je dirais les choses un petit peu plus simplement, peut-être : adultes, enfants, vieillards, greluches, l’obésité j’ai aucune pitié pour ça, moi !
La chose est assez simple, finalement. Essaye juste de t’empiffrer rien qu’un petit peu moins, câlisse de cochon, tu vas peut-être avoir un peu moins l’air d’un hostie de baril, tu penses pas ?
Arrête de bourrer tes enfants de marde ! Arrête de les encourager à se bourrer de marde ! Arrête de les encourager à se bourrer de marde en te bourrant de marde devant eux autres et avec eux autres ! Le manger, c’est pas un jouet ! C’est pas un passe-temps non plus !
– Je comprends pas, j’ai un cancer des poumons, pourtant j’ai passé ma vie à fumer des cigarettes !
– Ils vont me couper les deux jambes, j’ai le diabète, comment ça se fait, docteur ?
– C’est bizarre, non seulement j’ai gardé ma taille de jeune fille mais je l’ai quadruplée !
Tu deviens pas obèse en bouffant de la luzerne et du raisin vert à toute heure du jour et de la nuit ! Mange un peu moins et mange un peu mieux, hostie d’idiot, tu vas finir par maigrir, même si c’est pas ce que tu veux, ça finit là !
Chose certaine, ils viendront pas me remplir comme un tonneau de marde, moi ! Les oies peuvent pas se défendre contre le gavage, moi ils m’auront pas, moi, ces hosties de chiens-là !
La bouffe, c’est une industrie. C’est quoi, une industrie ? C’est des enfants de chienne en cravate qui sont là pas pour « créer des emplois » mais pour faire la passe et se remplir les poches le plus facilement et le plus vite possible ! Comment ? En te dressant comme un âne à consommer n’importe quelle hostie de marde !
Toi, tu fais quoi ? Tu collabores ! Avec ta misérable progéniture en plus, la morve au nez, la marde au cul !
La grosse Dion qui se sert de son obésité notoire de grosse torche pleine de marde pour faire la passe et se remplir les poches en annonçant à tours de bras le pain « Marde », c’est pas une conspiration pour encourager le pauvre monde à se bourrer de marde, ça, non ?
Nabisco et tous ces bandits-là, ça œuvre pas exactement dans le philanthropique, à ma connaissance !
L’industruie forestière saccage les forêts ? L’industruie poissonnière saccage les poissons ? L’industruie alimentaire te saccage, toi !
Quatre-vingt pour cent de ce qui est vendu dans les épiceries, c’est bon pour la poubelle ! C’est qui, la poubelle, tu penses ? C’est toi, moron sans fond ni retenue !
Quand le radium a été découvert, l’Industruie s’est mise à vendre une boisson au radium ! Véridique ! « Le breuvage de l’Avenir ! » Le monde buvaient ça, ils devenaient radioactifs !
Mangez donc d’la marde,
Mangez-en souvent !
C’est bon pour l’haleine,
Ça nettoye les dents !
– On s’en va manger à « La Cage aux Porcs », c’est un restaurant où ça bouge !
– ?
Bref, le mode de vie américain c’est la mentalité « buffet à volonté » élargie à toute une culture, à toute une vision du monde, à toute une civilisation, quelque chose comme : trop, ça sera encore jamais assez !
Bien manger, c’est un geste politique, c’est ce que je dis, moi !
– Fuck you, Chose ! Il nous reste du pétrole en masse ! En plus on a du Coke encore pour toute l’éternité si on en veut ! On est libres, Chose !
Samedi 13 décembre 2003

8 décembre 2017

6. C'est pas des farces

– As-tu vu ça, toi, les annonces de l’agence Re/Max à la télévision ? Sept cent cinquante mille visiteurs par mois, ils disent !
– Vingt-cinq mille visiteurs par jour, ça doit pas être reposant !
*
– Apple, ils font de l’informatique, c’est ça ?
– Oui, c’est à peu près ça.
– Bill Gates aussi ?
– Oui.
– Pourquoi Bill Gates tout le monde dit que c’est un écœurant et pas Apple ?
– Apple, c’est moins gros.
*
– Les vieux, moi, ça m’énerve, on dirait qu’ils font exprès pour être comme ils sont, je veux dire vieux.
– C’est vrai, ils pourraient essayer de se forcer un peu, ces tabarnaks-là !
*
– Il faut que tu fumes vraiment beaucoup de marijuana pour que les choses finissent par changer.
– Oui, mais la marijuana, par contre, c’est pas très riche en fibres ni en vitamine B !
*
– La drogue, c’est drôle, c’est quand tu en prends pas que tu te sens pas bien.
– C’est comme la cigarette, moi je fume pas pendant deux heures, j’en peux plus !
*
– Du lait, moi j’achète ça en format de deux litres, je trouve ça pratique, moi, le deux litres.
– Moi j’en bois pas, c’est encore plus pratique !
*
– À la télévision, quand j’étais petit il y avait une émission un peu comme « Star Académie », sauf que c’était pour les amateurs, les enfants, même, ça s’appelait « Les jeunes talents Catelli ».
– Oui, je m’en souviens, tout le monde appelait ça « Les jeunes nouilles Catelli » !
*
– Avec tes enfants, c’est pas pire, au moins tu as pas besoin d’être beau.
– C’est comme être écrivain, mettons !
*
– Ça me fait toujours un peu drôle de voir un nègre dans un banc de neige, je sais pas, je trouve que ça manque de naturel.
– C’est comme moi quand je vois un Chinois qui mange une pizza.
– Mets-en qu’une pizza ça se mange assez mal avec des baguettes !
*
– C’est un gars qui prend l’autobus, il va s’asseoir sans payer, le chauffeur lui dit : « Monsieur ! Monsieur ! Vous avez pas payé ! » Ça fait que le gars lui répond : « Écoute, Chose, mon nom c’est Henri Lecrime et Lecrime ne paie pas ! »
*
– La beauté, ça veut rien dire, c’est le genre de face que la fille a quand tu la baises qui compte.
– Ça dépend comment tu la baises !
*
– Je t’avais pas dit ça, je m’en vas à la chasse en fin de semaine.
– La chasse à quoi ?
– La chasse aux vaches !
*
– Tu trouves pas ça étrange, toi, en France même les aveugles qui vivent là-bas finissent par prendre l’accent français !
*
– Si ça continue comme ça, avec le commerce, les satellites, l’Internet, tout ça, tu vas voir, la terre va finir par devenir mondiale !
*
– L’humour, c’est comme l’intelligence, ça commence dans le cerveau.
– Oui, mais on sait jamais où ça finit.
– Elle est bonne celle-là !
– C’est pas une farce.
Lundi 15 décembre 2003

7 décembre 2017

7. Blabla

– C’est assez hallucinant toutes les affaires qu’on peut penser on sait pas pourquoi.
– Oui, l’autre jour, moi, par exemple, je me disais que si Nathalie Pétrowski avait été un homme, personne l’aurait jamais laissée faire.
– Les femmes, il y en a c’est comme si un jambon se mettait à courir devant toi.
– Une chose que je me demande, c’est : une idée banale, est-ce qu’on peut vraiment appeler ça une « idée », ou est-ce que c’est juste une « banalité » ?
– C’est mieux de consommer moins mais de consommer moins de marde.
– Une femme stérile qui arrive à la ménopause, ça donne quoi, il se passe quoi ?
– Moi, c’est sûr que je suis fécond, je suis pas une femme, je suis TOUJOURS fécond, moi !
– Si tu fais un faux numéro de téléphone et que quelqu’un répond, il me semble que c’est pas vraiment un « faux numéro », ça, non ?
– C’est pas Jean-Paul Sartre qui a dit : « L’argent, c’est les autres », c’est moi.
– Les gens qu’on connaît depuis très longtemps se manifestent en général le plus au moment du passage des saisons, mais pas toujours.
– Quand on a des amis, il faut s’en méfier, ils finissent toujours par se venger.
– Le meilleur titre de chanson que j’ai entendu dans toute ma vie, c’est « Careful With That Axe, Eugene » de Pink Floyd.
– J’aimerais avoir de la santé juste pour pouvoir les enterrer toute la gang, ces hosties-là !
– Plus tu es riche, plus tu as des choses, il y a pas de gens riches qui ont pas beaucoup de choses, même que souvent les riches ont plusieurs MAISONS.
– Il y a rien au monde qui me fait plus chier que quelqu’un qui commence une phrase en disant : « Écoutez… »
– Tout le monde l’a oublié ou bien personne y pense jamais, mais à l’époque le twist ça a été une vraie révolution, c’était la première fois que le monde avaient le droit de bouger en dansant, après ils ont inventé toutes sortes d’autres danses mais ça a pas marché, le monde se sont mis à danser n’importe comment.
– Lise Payette, moi je me dis : mieux eût valu un vrai homme.
– Jorane, même son nom veut rien dire.
– Je suis comme tout le monde, moi, c’est juste que j’ai des drôles d’heures de travail.
– Pourquoi est-ce qu’il faudrait que la vie soit excitante ?
– Je sais pas si ça se dit, mais si ça se dit, c’est vraiment comique : « Je souffre du sida. »
– La démocratie, c’est que le plus fort gagne, le reste c’est de l’égalitarisme.
– Le problème avec le tabac, c’est que ça se fume et que c’est justement la fumée du tabac qui est pas bonne pour les poumons.
– Le « Petit Robert » est pas si petit que ça, finalement, si tu y penses comme il faut.
– Moi, je suis vaguement au courant de tout, ou en tout cas c’est ce que je pense.
– La première fois qu’un Inuit voit un arbre, il doit se dire : « Taaaaaaaabaaaaarnaaaaak ! »
– Quand tu prends de la drogue tout le temps, rien change, tout est toujours pareil, la seule différence c’est que tu es drogué.
– Un rasoir, ça peut durer des années, même si tu changes jamais la lame.
– Une fois, j’ai lu dans une épicerie qui vendait des produits naturels : « Œufs de poules élevées en liberté. »
– L’écrivain portugais Fernando Pessoa disait : « Ce qu’il y a de plus médiocre dans les rêves, c’est que tout le monde en fait. »
– Avec les claviers des ordinateurs, un gaucher qui est pas content, il peut bien aller chier ce gars-là !
Lundi 15 décembre 2003

6 décembre 2017

8. De retour après la pause

Un jour, les femmes qui passent leur temps à chialer pour des niaiseries se sont mises à dire : « Ah, c’est pas juste, nous autres aussi on aimerait ça avoir le droit de conduire des autobus et des bulldozers pleins de boue sale et d’être des petits soldats débiles dans l’armée canadienne et des haltérophiles arrangés comme des espèces de monstres et des ministres du Commerce extérieur et de jouer au hockey et même de ramasser les vidanges comme n’importe quel homme digne de ce nom si c’est ça qu’on veut faire dans la vie, etc. »
Les hommes ont réfléchi deux trois minutes et finalement ils ont dit : « Ah, faites donc ce qui vous tente, tabarnak ! », et ils les ont laissées faire.
N’écoutant que leur courage, les femmes sont donc devenues « vidangeures » pour leur plus grande gloire et leur plus grand bonheur, etc., le temps a passé et un jour, elles qui sont jamais contentes de rien, elles ont recommencé à chialer et elles se sont mises à dire : « Ah, c’est pas juste, nous autres on a une chose qui s’appelle la ménopause tandis que vous autres les hommes vous avez absolument rien, mais il faudrait que vous ayez quelque chose comme une ménopause pour hommes parce que comme ça on pourra vraiment être vos vraies égales, autrement on sera pas contentes et on arrêtera pas de continuer à chialer et on va assez vous faire chier que vous en pourrez plus de nous avoir sur le dos, vous allez voir, maudite gang d’hommes à la marde, etc. »
Les hommes, qui dans le fond se sacrent pas mal de tout, ils ont réfléchi deux trois minutes et finalement ils ont dit : « Bon, OK, c’est correct, si ça peut vous faire plaisir mettons qu’à partir d’aujourd’hui vous allez avoir le droit d’écrire des articles dans les magazines et de faire des reportages à la télévision et d’écrire des livres de psychologie scientifique pour dire que nous autres les hommes on a ce que vous voulez appeler, comment déjà, ah oui, une ‘‘ andropause ’’, êtes-vous contentes, là, maudite gang de fatigantes à la marde ? »
Pardon ? Une quoi ? Vous avez dit une « andropause » ? Une « andropause » comme dans « ménopause » mais pour les hommes ?
Wo ! Un instant ! Une petite minute ! Il y a pas d’ « andropause ». L’ « andropause » pour les hommes comme dans « ménopause » pour les femmes, ça existe pas. ÇA EXISTE PAS !
C’est quoi, la ménopause ? C’est la fin définitive et irrévocable, au milieu de la vie environ, de la fonction reproductrice chez le spécimen femelle de l’espèce humaine. Pour le spécimen mâle de la même espèce, les choses se passent pas du tout, je dis bien PAS DU TOUT de cette manière-là. PAS-DU-TOUT !
Il faut pas avoir lu des tonnes et des tonnes de livres de psychologie scientifique ni même de médecine ou de biologie scientifiques pour savoir qu’aucune, je dis bien AUCUNE femme de quatre-vingts ans a jamais, je dis bien JAMAIS accouché d’un enfant, même prématuré ou infirme ou n’importe quoi, tandis qu’il est PARFAITEMENT POSSIBLE à un homme de cet âge-là et même plus vieux que ça de devenir PÈRE, c’est-à-dire de FAIRE UN BÉBÉ à une femme qui est ni une enfant ni une MÉNOPAUSÉE mais qui est une femme FERTILE. Pourquoi ? Parce qu’à quatre-vingts ans et même plus, L’HOMME PEUT ENCORE ÊTRE FERTILE, alors que C’EST PAS LE CAS DE LA FEMME qui, elle, devient « collectivement » INFERTILE À LA MÉNOPAUSE, ce qui est précisément la définition de LA MÉNOPAUSE, PHÉNOMÈNE EXCLUSIVEMENT FÉMININ !
La femme vieillit, l’homme vieillit aussi. Au milieu de sa vie, la femme devient À JAMAIS INFERTILE, au milieu de sa vie l’homme devient PAS À JAMAIS INFERTILE. OK, là ?
Passons à un autre appel.
Mardi 16 décembre 2003

5 décembre 2017

9. " Indicatif présent "

– Tu écoutes la radio, toi ?
– Moi ? Jamais.
– Moi non plus, tu peux pas t’asseoir et écouter la radio et rester là à rien faire d’autre, c’est l’ennui total.
– C’est pour ça que le monde qui écoutent la radio ils font d’autres choses en même temps, comme ça ils se rendent moins compte que c’est nul. Si tu es un chauffeur de taxi, mettons, tu passes ta vie dans une auto, tu peux quand même pas te mettre à regarder la télévision en conduisant, ou lire le journal, même si c’est « Le Journal de Montréal ».
– Oui, mais moi je trouve que c’est pas poli pour les clients d’écouter la radio quand tu les transportes dans ton taxi.
– C’est vrai, d’ailleurs c’est pas poli d’écouter la radio quand tu es avec du monde, point, ou bien tu les écoutes eux autres ou bien tu écoutes la radio, un des deux.
– Oui, ou bien tout le monde écoute la radio ensemble sans dire un mot, mais c’est débile, ça, tu imagines trois quatre personnes en train d’écouter la radio sans se parler ? La télévision, je dis pas, tu regardes un film de cul ou une partie de football ou n’importe quoi avec tes chums ou ta blonde, mais la radio…
– Tu peux le faire si c’est de la musique, à ce moment-là tu peux parler, la musique ça s’écoute pas vraiment, ça te rentre tout seul dans la tête, il y a rien à comprendre.
– À la radio, il y a quand même des émissions où c’est pas juste de la musique, des émissions où ça parle, prends Marie-France Bazzo, par exemple, c’est une émission où ça parle pas rien qu’à peu près à part ça, Marie-France Bazzo.
– « Bazzo », c’est portugais ou quoi ?
– Aucune idée. Aucun intérêt non plus. C’est comme son émission. Le seul moment dans ma vie où j’écoute la radio, moi, c’est avec mon « radio-réveil », le matin, mais en fait je l’écoute pas vraiment, je me réveille. C’est Radio-Canada, tu as les nouvelles, la température, en deux trois minutes tu sais tout ce que tu as besoin de savoir, et même tout ce que tu as pas besoin de savoir, et hop, tu te lèves, ça finit là.
– Marie-France Bazzo, c’est pas la grosse qui parle sur le bout de la langue, la face de cheval ?
– Oui oui, c’est elle, je l’ai déjà vue à la télévision, elle est partout, c’est une vraie maladie, c’est une vraie plaie, cette fille-là.
– Qu’est-ce que tu veux, leur job à ce monde-là c’est de se montrer, ils en ont jamais assez.
– Mets-en. Son émission, c’est quoi ? C’est pas de l’ « information », c’est juste d’autre monde qui vont se montrer à la radio comme ils veulent se montrer partout ailleurs. Ils ont toujours quelque chose à nous vendre, remarque, mais même quand ils ont rien à vendre ils aiment ça aller se montrer pareil. À Bazzo, l’autre jour, par exemple, je me réveille, il y avait une « table ronde sur les odeurs », tu vois le genre, trois quatre bouffons, on s’invite entre nous autres et on papote et on prend de la place et on occupe le terrain et on est payés comme des cochons en même temps. Une « table ronde sur les odeurs » ! « Qu’est-ce que vous pensez des odeurs ? » Avec Louise Forestier ! C’est quoi le rapport ? Et un gars qui fait de la cuisine, mais pas parce qu’il est cuisinier : parce qu’il est à la télévision. Forcément ! Louise Forestier, elle « remonte sur scène » ces temps-ci ou bien elle vient de sortir un autre disque, son gérant a dû lui dire d’aller se montrer à la radio, « moi quand j’étais petite les odeurs, blabla, en passant je suis à Magog le 27 pour mon show et mon nouveau disque s’appelle Patati Blablabla, etc. ».
– Louise Forestier, c’est peut-être une amie à Marie-France Bazzo aussi.
– C’est pas difficile, Marie-France Bazzo tout le monde doit être ses amis. Non mais, tu t’imagines la vie de ce monde-là, toi, tu imagines la merde que c’est, la pitoyabilité ? Pfu !…
Mercredi 17 décembre 2003

4 décembre 2017

10. Bazzoland

Qui écoute Marie-France Bazzo, et pourquoi ? C’est cinq jours par semaine, son affaire, matin après matin, ça dure des heures ! Et qu’est-ce que tu penses qu’elle fait l’après-midi ? Elle prépare l’émission du lendemain matin, quoi d’autre ! Et quand elle est pas à la radio en train de faire ses « dix mille entrevues », elle va faire du pâté chinois à la télévision ! Ou bien elle donne son indispensable avis sur la guerre dans le monde ou bien les derniers jouets « tendance » pour les petits enfants en bas âge ! Ça arrête jamais, ça fait des années que ça dure, toute sa vie, quasiment, et elle doit bien avoir au moins soixante ans, aujourd’hui, cette fille-là !
– Qui on pourrait bien inviter demain matin ?
– Invite Bob Walsh, il sort un disque de Noël !
– Ou Paul Piché !
– Oui, on lui demandera si il se sent privilégié de vivre à la même époque que Gilles Vigneault !
– Tant qu’à y être, on fait une « table ronde », on invite Gilles Vigneault en personne et on lui demande si il se sent privilégié de vivre à la même époque que lui-même !
Mais QUI écoute ça, et POURQUOI ? Le matin à neuf heures ! Au réveil ! Au lever ! Jour après jour ! Ça travaille pas, ce monde-là ? C’est des chômeurs ? Des B.S. ? Des vedettes sur la brosse et sur la coke qui sont pas encore couchées ? Des « recherchistes » pour d’autres émissions à Télé-Québec qui se cherchent des idées d’invités dans le vent ?
– On pourrait faire quelque chose sur l’invention du TV-Dinner !
– Ah, ça c’est vraiment une idée géniale, ça !
– On invite le ministre des Affaires indiennes ou l’ambassadeur de la Sibérie au Canada ou celle qui fait la météo à TVA et on leur demande si ils en ont déjà mangé !
– Ou bien Paul Piché et on lui demande si il se sent privilégié de vivre à la même époque que le TV-Dinner !
– Ou bien Gilles Vigneault si il en apporte quand il part en chaloupe ou si il le garde au chaud dans sa casquette de vieux loup des mers !
Tu peux pas être une secrétaire-réceptionniste sérieuse et travailler en écoutant ça ! Tu peux pas être un camionneur et écouter ça en conduisant ton mastodonte et trouver ça passionnant de savoir ce que Louise Forestier pense des odeurs, à moins d’être un camionneur complètement fif ! Tu peux pas écouter ça dans les ascenseurs ni dans le métro ni si tu travailles dans une boutique de vêtements hyper branchée à l’os ! Tu peux pas être un illettré en train de goudronner un toit à mille degrés Celsius en plein soleil au mois de juillet et écouter ça en même temps et trouver ça exquis et prendre ton pied absolument ! Tu peux pas être un architecte qui calcule au millimètre la taille d’une dalle de béton géante pour la Grande Bibliothèque ou une biologiste qui étudie les propriétés de la pelure de patate pour le traitement du sida et écouter ça pendant des heures et t’intéresser réellement et y revenir matin après matin, semaine après semaine ! Tu peux pas être un voleur de banque qui prépare un coup d’enfer ou un dealer de crack qui compte son cash ou un professeur de cégep qui donne son cours ou un expert en dératisation dans un égout pas éclairé ou une « éducatrice » avec quatre-vingts enfants de trois ans qui hurlent à mort dans une garderie en feu ou une vieille de cent huit ans qui se tape un coma hypoglycémique dans une ambulance pendant que les « techniciens » d’Urgence Santé font du piquetage pour leur fonds de pension ou qu’ils sont en train de saccager on sait pas quoi pour on sait pas quoi !
Qui écoute ça, Marie-France Bazzo, qui est-ce que ça intéresse, à part Marie-France Bazzo et ses dix mille invités par semaine et ceux qui voudraient se faire inviter eux autres aussi ?
Mercredi 17 décembre 2003

3 décembre 2017

11. Secret de Polichinelle

À part ça, Marie-France Bazzo c’est pas seulement le matin à tous les jours ! Non ! C’est REDIFFUSÉ jour après jour en fin de soirée !
Si Michèle Richard c’était la Reine de TQS, Marie-France Bazzo ça doit être quelque chose comme l’Impératrice de Radio-Canada !
À elle toute seule, elle doit te bouffer au moins la moitié du budget de la boîte !
« Ici Bazzo-Canada ! »
L’autre jour, elle s’était invité un petit Français froufrouteux pour nous parler des beautés d’un nouveau livre sur les Inuits, un illustré à 45 $ la copie, elle en finissait pas d’éjaculer : « Oh wow ! Oh wow ! »
ON POUVAIT MÊME PAS VOIR LES IMAGES, ON ÉTAIT À LA RADIO !
Qui c’est qui a 45 $ à investir dans un livre qui te parle d’igloos et de traîneaux à chiens perdus au pays du Père Noël ?
Qui c’est qui voudrait réellement avoir ce livre-là dans sa bibliothèque ou sur sa « table à café », même pour 20 $ ? Et POURQUOI ?
Avec ton 45 $, tu ferais mieux de t’acheter une pelle et un bon foulard et d’aller jouer dehors dans le banc de neige, si tu aimes l’hiver à ce point-là et que tu as envie de te prendre pour un Esquimau !
Mais surtout, qui écoute ces émissions-là soir et matin, et pourquoi, c’est ce que j’aimerais bien savoir, moi.
J’arrive pas à concevoir la quantité d’ « informations » et de niaiseries de toutes sortes qui est charriée là-dedans semaine après semaine, mois après mois, le déluge, le tohu-bohu total, la folie… Quatre brûlants « sujets » à l’heure, sans compter les « pauses musicales » (il faut bien se relaxer un peu le cerveau, ici c’est la radio, pas l’usine à saucisse, quand même !), des sujets qu’un individu moyen arriverait pas encore à maîtriser même approximativement au bout de toute une vie.
« L’eau : enjeu mondial » !
Oh boy ! Un autre livre qui vient de sortir ! Je cours me l’acheter tout de suite !
Quand tu penses que le pauvre monde peut même pas te dire quel chemin prendre pour te rendre à Beauharnois !
Tout de suite après l’eau enjeu mondial, un « débat », des invités prestigieux, un jeune gars qui travaille à Radio-Canada, forcément, une fille du magazine « Châtelaine », de l’humour, des clins d’œil, après tout on se prend pas vraiment au sérieux, vous l’avez compris, j’espère : « Êtes-vous pour ou contre le gâteau aux fruits ? » !
– En mets-tu toi de l’eau dans ton hostie de gâteau aux fruits, câlisse de conne ? !
Je résume : 1) les Inuits ; 2) « pause musicale » ; 3) l’eau, enjeu mondial ; 4) « pause musicale » ; 5) le gâteau aux fruits ; 6) « pause musicale » ; 7) on continue !
La grande question est pas tellement de savoir à quoi toutes ces « informations-là » peuvent bien te servir, c’est plutôt : comment tu fais pour toutes les emmagasiner, pour tout retenir ?
Peut-être que le monde prennent des notes, jour après jour, année après année… Si une « information » leur échappe, ils peuvent toujours se rattraper, ils réécoutent l’émission à la fin de la soirée. Ils enregistrent probablement toutes les émissions, de toute façon, pour être absolument sûrs de rien manquer…
À moins que… À moins que personne écoute vraiment, que tout le monde s’en câlisse, que ça soit pas plus compliqué que ça ! Que ça soit ça, le secret de toute l’affaire ! Le secret de Marie-France Bazzo ! De Polichinelle, je veux dire !
Mais si tout le monde s’en câlisse du gâteau aux fruits et de l’odeur des couches de Louise Forestier bébé, à quoi ça sert à ce moment-là ces millions d’émissions-là, rediffusées en plus en fin de soirée ? À quoi ça sert de les écouter ?
En somme, et pour nous résumer encore une fois : 1) QUI écoute ça ? ; 2) POURQUOI ?
Jeudi 18 décembre 2003

2 décembre 2017

12. Down in the hole

– J’ai le cafard, aujourd’hui.
– C’est une assez drôle d’expression, « avoir le cafard ».
– Oui, c’est vrai.
– J’aime mieux « avoir les bleus », mettons.
– Oui, c’est bon, ça, « avoir les bleus ».
– Je veux dire, j’aime mieux dire « avoir les bleus », pas les avoir.
– Oui, j’avais compris.
– Comment ça se fait que tu as les bleus ?
– On peut dire « Je me sens down » aussi.
– « Se sentir down », c’est pas mal plus sérieux que « d’avoir les bleus ».
– C’est vrai que c’est pas mal plus heavy.
– Mais c’est pas la même chose que « d’être down », comme dans : « Man, je suis down aujourd’hui », c’est pas comme : « Man, je me sens down aujourd’hui. »
– C’est pas comme « Mec, je me sens down aujourd’hui, tu piges ? ».
– « Mec », je trouve ça assez bien, moi, ça sonne assez bien, « mec ». « Écoute, mec ! »
– Il y a « mon gars » aussi, comme quand tu dis : « Mon gars, si tu savais comme je me sens down aujourd’hui ! »
– Oui, tu peux dire : « Écoute, mon gars ! », « mon gars » ça se prête à pas mal toutes sortes de choses, finalement.
– C’est comme dire « trou de cul » et « trou du cul », c’est la même chose, mais en même temps c’est pas tout à fait la même chose.
– On peut dire « Tous les Français sont des trous du cul », et ça marche, et on peut dire « Tous les Québécois sont des trous de cul », et ça marche aussi.
– Un Français qui dit « Bon ben je me tire ! », c’est pas comme un Québécois qui dit « Bon ? Ben je me tire, d’abord ! ».
– Le gars se sent un peu down, mettons.
– Les Français, ils « tirent les vers du nez », nous autres on « tire des roches ».
– C’est pas la même chose, c’est sûr, comme en anglais tu as le mot « shallow », tu as pas d’équivalent en français, en français il faut dire « pas profond » ou « de peu de profondeur » ou encore « pas creux ».
– « Un gars creux », ça peut vouloir dire qu’il est vide à l’intérieur, comme dans « Ça sonne creux », ou bien ça peut vouloir dire « un gars profond » comme dans « Va pas dans le creux ! ».
– Ou « Va pas dans le trop creux, là ! ».
– En anglais, on peut employer « shallow » pour des personnes, c’est-à-dire au « figuré ».
– En français, on dit « superficiel », c’est un assez beau mot, quand tu y penses, « superficiel ».
– Moi j’aime bien le mot « astucieusement », essaye de dire ça, « as-tu-ci-eu-se-ment ».
– L’anglais est une langue extrêmement concrète, nous autres on dit « aisselle » et eux autres ils disent « armpit », « trou de bras », ou bien ils disent « book-shelves », « tablettes à livres », et nous autres on dit « bibliothèque ». « Je vais ranger ce livre dans ma bibliothèque. »
– Par contre, « dessours de bras » ça sonne autrement que « aisselle », « aisselle » c’est plus pour les femmes, ça.
– Si tu peux dire « aisselle » et « dessours de bras », ou encore « tsour de bras », au singulier ou au pluriel, parce que « dessours » avec un « s » veut pas nécessairement dire que c’est au pluriel, ça veut plutôt dire que « dessours » est formé ou déformé à partir de « dessous » dont il garde le « s ».
– Donc ?
– Donc, si tu peux dire « aisselle » et « dessours de bras » ou « tsour de bras », tu as les deux mots, en fait tu en as trois, ça peut te servir à faire toutes sortes de nuances.
– Comme si tu dis « profondément superficiel », mettons.
– « Profondément superficiel », c’est un oxymoron, comme « soleil noir », ou « noir soleil ».
Jeudi 18 décembre 2003

1 décembre 2017

13. Hank

I’m gonna find me a river / one that’s cold as ice / and when I find me that river / Lord I’m gonna pay the price / I’m going down in it three times / but Lord I’m only coming up twice / cher bon vieux Hank, je l’aime bien, Hank Williams, je l’aime beaucoup plus que Leonard Cohen, même, Shinad O’Connarde je l’encule bien poliment mais si ce soir elle me disait « Nothing compares to you » j’aurais presque envie de la croire, I’m so lonesome I could die, j’en ai plein mon cul de tout ça, non, ce qui va, ça va, c’est ce qui va pas qui va pas, c’est seulement ça, c’est salement ça, c’est bien beau la neige mais ça me donne quoi à moi, c’est bien beau la vie, les parachutes, les parapluies, les tomates en boîte, le prélart, quel drôle de mot, en français de France « prélart » ça veut dire « grosse toile imperméabilisée servant à protéger marchandises, chargement d’une voiture, embarcations d’un navire, voir : bâche », c’est instructif, ça, c’est un terme de marine, nous autres le prélart on le met sur nos planchers pour les recouvrir, je me sens aussi bas qu’un plancher de cave, le moral dans le prélart, « plancher : partie inférieure du plancher, appelée de nos jours plafond » (Le Petit Robert), il est vingt-deux heures, dix heures du soir, vendredi soir, quand on t’arrache la tête au moins c’est fini, quand on t’arrache le cœur c’est le contraire, c’est pas fini, ça commence, on mange le cœur de l’artichaut, on jette le reste, le reste ça vaut pas de la marde, ça veut dire que c’est même pas de la marde, autrement dit la marde ça vaut encore mieux que ce qui vaut pas de la marde, quelque chose qui vaut pas de la marde vaut MÊME PAS de la marde, qui vaut pas grand-chose, qui vaut rien même, je suis dans la marde, « ses ancêtres régnaient sur Cocusse, un pays mou / où les gens sont dans la merde jusqu’au cou », Audigier, il fait froid maintenant, allume une lampe dans le monde et tiens-toi près de la lampe, OK, ça marche, mais il faut d’abord trouver le monde et ça, c’est comme moins évident, allume une cigarette, éteins une cigarette, allume, éteins, j’aimerais mieux allume et étreins, allume, étreins, I went down to the river / to watch the fish swim by / but I got to the river / so lonesome I wanted to die / oh Lord / ce cher bon vieux Hank, un soir il est soûl mort, comme d’habitude, il monte sur la scène, il regarde la salle, le public, il dit : « Est-ce qu’il y en a ici ce soir qui sont venus voir Hank Williams ? », naturellement la foule en délire lui hurle « Oui, oui ! ! ! », le bon vieux Hank les regarde tranquillement et il leur dit : « Ben vous l’avez vu, tabarnak ! », et il crisse son camp, il décâlisse, il disparaît, il a même pas joué une seule note,
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Vendredi 19 décembre 2003

30 novembre 2017

14. Ceci est un texte

Un texte est un texte.
Ceci est un texte.
Vendredi 19 décembre 2003

29 novembre 2017

15. Spécial artistes

I
Un écrivain, la différence c’est qu’il les écrit.
II
Un artiste est quelqu’un qui vous dit : « Oui, je suis un peu perdu, autrement ce ne serait pas très amusant ».
III
– Ce qu’on appelle la créativité, c’est une machine à opérer tout ça malgré tout. 
– Malgré tout quoi ? 
– Malgré tout ça.
IV
Être artiste, c’est poser la question. 
– La lune est pleine. 
– Pleine de quoi ?
V
Les artistes sont des personnes qui pensent et croient que les gens existent pour les admirer.
VI
Une fois qu’on a trouvé la beauté dans l’art, on n’érotise plus nécessairement l’amour.
VII
Tout effort conscient tend à devenir grâce.
VIII
Quand un écrivain n’écrit pas, la scène lui manque.
IX
Tout effet de style est pervers et tout est style.
X
L’art, ce n’est rien, le grand art c’est de la perversion. 
(Freud disait : « Les pervers ne le deviennent pas, ils le demeurent. »)
XI
Le roman mène tout droit à l’alcoolisme, c’est bien connu.
XII
Être écrivain, c’est comme être alcoolique quand c’est bien fait.
XIII
Les névroses des artistes, les petits secrets insignifiants, les énormes et inutiles constructions pour les cacher, pour les révéler.
XIV
Quand on se met à considérer l’art comme une fabrication, ce qu’il est, il perd tout intérêt, sauf celui de sa fabrication.
XV
Être artiste passé quarante ans, c’est se rêver encore princesse au bal à minuit passé.
XVI
Les écrivains sont de vieux monsieurs qui se sentent tout tristes quand ils ne sont pas en train de tripoter de vieux papiers.
XVII
Ici, c’est difficile d’être écrivain, parce qu’ici, c’est l’Amérique.
XVIII
À bien y penser, je crois que je vais donner à l’ensemble de mon œuvre le titre de L’étendue du désastre.
XIX
Les gens qui m’accusent de n’avoir aucun talent sont uniquement ceux qui ont lu tous mes livres.
XX
Ce que j’aurais aimé savoir, moi, et qu’ils ne nous ont jamais dit, c’est de quoi pouvait bien vivre un petit trou du cul comme André Breton.
XXI
C’est assez simple, finalement, il y a eu un âge d’or de la littérature, et il est fini, et personne n’y peut rien.
XXII
Salman Rushdie : « Le roman n’est pas mort, il est enseveli. »
XXIII
Les artistes vieillis, c’est toutes des vieilles plotes.
XXIV
– Retenez bien mon nom, vous n’en entendrez plus jamais parler ! 
Samedi 20 décembre 2003

28 novembre 2017

16. Tim Buckley

Ça se passait au Forum de Montréal, au milieu des années 70, dans un autre millénaire. Ce soir-là, il y avait trois noms à l’affiche, Tim Buckley, Curtis Mayfield et Frank Zappa. Buckley devait réchauffer la salle, Zappa était la grande vedette de la soirée, Curtis Mayfield je me demande encore ce qu’il foutait là, enfin, bref. Buckley arrive avec ses musiciens et une douze cordes électrique, ils se mettent à jouer, le monde continuaient à entrer, la moitié de la salle était debout, l’autre moitié des spectateurs cherchaient leurs sièges, les lumières étaient pas encore complètement éteintes dans la place, tout le monde parlait, personne écoutait. Le son était pourri comme d’habitude à l’époque, personne au monde savait quoi faire pour que de la musique « live » puisse être écoutable dans ce genre d’endroit-là. Le son était pourri, mais la musique était bonne, très bonne, même, très étrange, très envoûtante. Buckley jouait de la guitare, mais son véritable instrument c’était lui-même, c’était la voix qu’il avait. Ce gars-là était un vrai chanteur, pas un « chanteur de rock » ou de ceci ou cela, un vrai chanteur, quelqu’un qui sait comment faire et qui a ce qu’il faut pour le faire, un organe incroyable, un véritable don de la nature. Les chansons étaient longues, toutes déformées, hallucinantes, méconnaissables, nous autres on connaissait les versions studio, acoustiques, on avait jamais entendu Buckley « live », électrique, avec un « road band ». Il était dans son élément, qui était pas le studio, mais la scène, parce que quand on peut chanter comme ça, on joue de sa voix comme d’un instrument qu’on laisse s’explorer lui-même et improviser et jubiler, et alors la « chanson » devient un format qui veut plus dire grand-chose, d’une certaine manière. La dope était bonne aussi, ce soir-là, à chaque coup il nous fallait un bon cinq minutes avant qu’on arrive à reconnaître une chanson des albums « Blue Afternoon » ou « Happy Sad », mais c’était pas grave, Buckley les étirait toutes pour mieux pouvoir jammer comme un malade avec ses musiciens et nous autres on était aux anges. C’était pas le cas pour tout le monde, Buckley a jamais été vraiment connu, dans le milieu francophone, à Montréal, c’était pas sa crowd, les Anglos le connaissaient un peu plus, mais pas tellement non plus, il était pas et il a jamais été une star comme Elton John, ou David Bowie, mettons. Bref, ce qui devait se produire s’est produit, Buckley s’est fait huer comme du pourri, une « chanson » après l’autre, va-t’en, étouffe-toi, on veut Zappa, we want Frank, etc. Buckley finit son set, impeccable, et il disparaît. La fille avec qui je suis me dit : « On devrait essayer d’aller le voir ! », une idée folle, sans bon sens, je dis : « OK ! », et on y va, on descend au « parterre », sur la « patinoire », on s’avance jusqu’à la scène, et là, sur le côté de l’estrade, il y a un petit bonhomme bien habillé, avec une belle tête frisée et des souliers vernis, sans lacets mais avec une petite boucle en cuir sur le dessus, et des pantalons propres, pas des jeans mais des pantalons, il est en train de ranger sa guitare dans un étui qui est posé sur le sol, personne fait attention à lui, il est comme seul au monde, c’est comme s’il avait même pas de loge, aucun « roadie » pour s’occuper de lui ni rien, il va mettre sa guitare dans l’étui et il va prendre l’étui et il va s’en retourner chez lui en Californie et il a un visage épouvantable, il est pas en colère, il a pas envie de tuer, il y a juste une épouvantable déception, une épouvantable tristesse sur son visage et dans ses yeux, il est tout mince et tout fragile, tout petit, cinq pieds huit, peut-être, avec la voix qu’il a, il se redresse et il m’aperçoit et je lui tends la main par-dessus la barrière en métal et je lui souris et je lui dis « Thank you » et il me sourit et il me serre la main et toute la tristesse et toute la déception se sont effacées de son visage, il a fait ma soirée, Tim Buckley, moi je viens de faire la sienne.
Dimanche 21 décembre 2003

27 novembre 2017

17. L'alcool guérit tous les maux

C’est la tragédie, les « régions » se vident, c’est partout pareil. En Abitibi, tout le monde aimerait vivre à Montréal, au Mexique tout le monde aimerait vivre à Mexico, à Mexico tout le monde aimerait vivre aux États-Unis, aux États-Unis tout le monde aimerait vivre à New York ou en Californie, etc.
Rien à foutre. Sauf si ça devient comme un peu débile mental sur les bords, mettons.
Exemple : j’apprends tout étonné aux dernières nouvelles, à la télévision, que la Saskatchewan commence à s’énerver fortement, les rats abandonnent le navire, les jeunes, surtout, ça s’enfuit à pleins troupeaux, ils aiment mieux aller se faire voir ailleurs, on dirait bien.
Mais c’est des vrais « boat people », ces pauvres Saskatchewanais-là, ou Saskatchewanois-là !
Difficile de les comprendre, mais bref…
L’important, dans la vie, ce qu’il faut JAMAIS oublier, c’est qu’il y a TOUJOURS moyen de trouver une solution à un problème, N’IMPORTE QUEL problème, il suffit d’être assez INTELLIGENT pour la trouver. Le gouvernement de la Saskatchewan s’est attelé, lui, pas de niaisage, les grosses têtes des hommes politiques se sont un peu forcées, pour une fois, et tout à coup : bing, la lumière a jailli !
– Pour garder nos jeunes chez nous, se sont dit ces redoutables penseurs, ces athlètes du neurone, ces Einstein triomphants, on pourrait peut-être diminuer de dix-neuf à dix-huit ans l’âge légal pour boire de l’alcool !
Authentique ! Hélas, la chose est pas encore faite, pour l’instant ces prodigieux titans de l’esprit, ces visionnaires aveuglants, ces phares de l’humanité sont seulement à l’étape d’y RÉFLÉCHIR ! Et tant qu’à RÉFLÉCHIR SÉRIEUSEMENT, aussi bien y aller à fond la caisse, n’est-ce pas !
Ah, c’est totalement et intégralement génial, il y a pas d’autre mot. – Qu’est-ce qu’ils veulent, les jeunes ? À quoi est-ce qu’ils s’intéressent, au fond, dans la vie ? Quel impossible rêve caressent-ils ? Qu’est-ce que les autres provinces canadiennes et le Vaste Monde peuvent leur offrir qu’ils trouvent pas dans nos vertes prairies et nos arpents verts ?
Mais de la bière, saint-sacrament !
Mais le droit de s’éclater le cerveau comme des malades dans n’importe quel débit de boisson de la province full légal, mon man !
Quand ça fait dix-huit ans que ton but dans la vie c’est de te soûler la gueule assez pour jamais te souvenir de ton nom et pour oublier jusqu’à la fin de tes jours que tu existes en Saskatchewan, tu en peux plus, attendre encore une autre année ça devient impossible, c’est inhumain, ou bien tu t’exiles « right away » à Toronto ou n’importe où ailleurs sur la Planète, ou bien tu meurs, des solutions il y en a pas d’autres !
Moi, je dis : l’âge légal pour boire, mettez-le donc à douze ans, gang de surdoués, comme ça TOUS les jeunes de TOUTES les autres provinces canadiennes vont vouloir se garrocher en Saskatchewan du jour au lendemain, c’est pas tellement compliqué, ça, non ?
Un coup parti, rendez donc la marie-jeanne légale à partir du même âge, comme ça personne voudra plus jamais vivre ailleurs au Canada ni même partout ailleurs dans le monde !
Mais j’y pense, c’est pas dans les Prairies qu’il y a des agriculteurs qui sont contre l’heure d’été, c’est pas là-bas qu’ils disent que si les heures d’ensoleillement allongent trop, les terres vont finir par brûler ?
Oui, c’est en Alberta, je pense.
C’est pas en Saskatchewan !
En Saskatchewan, le monde sont pas mal plus intelligents que ça, jamais tu les verrais t’arriver avec des niaiseries aussi monumentales que celle-là !
Dimanche 21 décembre 2003

26 novembre 2017

18. La survie de l'espèce

Un lecteur m’écrit, voici sa lettre.
« Cher Maître,
« Je suis bien d’accord avec vous et même plus que ça si c’était possible. Même que j’en rajouterais ! Il ne m’arrive seulement qu’une fois par dix ans au moins d’écrire ma pensée à une personnalité connue mais là je ne peux pas passer à côté de cette occasion ! J’ai pour ma part un certain âge pour ne pas dire un âge certain et je peux vous dire entre hommes que l’andropause pour Jean-Guy X ce n’est pas pour demain matin ! Surtout pas avec la paire de couilles que j’ai si vous me passez l’expression, des vraies boules de feu dures comme de l’acier trempé et le colonel au garde-à-vous vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ah pas besoin de Viagra pour Jean-Guy X ça je vous le garantis !
« Bon courage et surtout ne lâchez pas !
« Avec toute mon admiration,
« Jean-Guy X »
« P.S. Je vous joinds un petit chèque pour vous encourager, acceptez ce modeste pactole d’un ami qui vous soutient à 110%. »
Eh bien, mon cher Jean-Guy X, je vous remercie beaucoup. Soyez assuré que j’utiliserai votre 10 $ à bon escient !
Des couilles d’acier trempé qui sont des boules de feu, quelle image ! Bravo ! Vous savez manier la plume ! Surtout restez ferme, si vous voyez ce que je veux dire !
En effet, cher ami, la prétendue « andropause » n’est qu’une connerie inventée par le mouvement féministe dans l’espoir de rabaisser le mâle. D’ailleurs, entre vous et moi, qu’est-ce que c’est que cette histoire de féminisme ? Il n’est pas étonnant que ça ne fonctionne pas, c’est une affaire de femmes !
Mais ne soyons quand même pas trop durs avec nos amies les femmes, essayons plutôt de les comprendre. Leur développement sexuel et mental fait en sorte qu’après l’âge de quarante-cinq ans environ, « la boutique est fermée », comme le disait si bien Mme Ginette Reno récemment encore à la télévision. Et c’est bien là le problème, parce que si la boutique est fermée, l’homme, lui, est encore capable de faire du magasinage, et pas rien que le samedi après-midi, vous me suivez, j’espère !
Mais qui est le plus à plaindre dans ce triste constat ? Pour la première fois de sa vie, l’homme de cinquante ans ne trouve plus la réciproque chez la femelle de son groupe d’âge, il y a cette dissociation des deux vieux partenaires complices jusque-là : l’homme peut encore se reproduire, mais pas la femme.
Par contre, la femme de dix-huit, vingt-deux, vingt-cinq ans, etc., est une créature fertile, tout comme l’homme de quarante-cinq, cinquante, cinquante-cinq, soixante ans, etc.
Il n’y a donc aucun problème, après tout !
En fait, il n’y a qu’un petit problème : la femme ménopausée, infertile.
De quel intérêt peut-elle bien être pour des jeunes taureaux fougueux, débordant de précieuse semence, qui ne demandent qu’à la répandre ?
D’aucun, puisqu’elle est, elle, stérile.
De quel intérêt peut-elle être pour des vigoureux mâles de cinquante ou soixante ans, pleins d’expérience de la vie et encore débordants de fertilité ?
D’aucun, évidemment.
De là à affirmer que la femme ménopausée est une créature inutile, il n’y a qu’un pas. Cette anomalie de la nature, qui fait pourtant si bien les choses, est difficile à comprendre.
À moins que la nature, qui fait si bien les choses, justement, n’ait raison une fois de plus.
Pour se reproduire, l’homme de cinquante, soixante ans, etc., doit s’accoupler avec la femelle jeune, c’est-à-dire avec la femelle encore fertile, la survie de l’espèce en dépend ! Voilà, hélas ! le fin mot de l’histoire !
Lundi 22 décembre 2003

25 novembre 2017

19. Éternel féminin

C’est vraiment très comique, les femmes.
Une des choses qui est le plus comique, à propos des femmes, personne le remarque jamais, en général, ça échappe à vraiment tout le monde, on dirait, c’est le fait assez étrange qu’elles se déguisent toutes en femmes.
Les hommes s’habillent ordinaire, comme du monde, c’est tout, les femmes, elles, s’habillent en femmes.
Ce qui est pas mal comique aussi, c’est que tout ce qui est réservé au déguisement des femmes est inutile ou idiot ou incompréhensible.
Par exemple : à quoi ça sert, les boucles d’oreille ?
À quoi ça sert, les talons hauts ?
À quoi ça sert, le parfum, je veux dire à moins de se faire inviter à Marie-France Bazzo pour un débat sur les odeurs avec Louise Forestier et le « cuisinier » Rimardo et d’autres tatas ?
À quoi ça sert, tout ça, à rien, on a pas vraiment besoin de ça.
Je me demande aussi comment ça se fait, moi, que les mannequins dans les boutiques de vêtements ils ont pas tous des hosties de melons, c’est quoi leur problème les hosties de magasins de linge, c’est quoi leur hostie de problème les hosties de compagnies qui font ces hosties de mannequins-là, c’est ce que j’aimerais bien savoir, moi.
Excellent sujet pour l’émission « Ici Marie-France Bazzo ! ».
En passant, j’ai déjà vu des images d’elle, moi, « Marie-France Bazzo », elle est comme qui dirait l’exemple parfait d’une « femme » qui se déguise en « femme », elle a plutôt l’air d’être faite pour la lutte gréco-romaine, je sais pas si c’est une idée que je me fais, mais son déguisement lui va pas tellement bien, je trouve, ça jure un peu.
Bref, quand un homme se « déguise », comme on dit, il se déguise habituellement en femme, c’est ce qu’on appelle les travestis, du mot « veste », vêtement, etc. Aucune femme au monde prend son pied à se déguiser en homme, ça se peut pas, se déguiser en homme ça revient à s’habiller ordinaire, c’est quoi l’intérêt d’avoir l’air ordinaire si ton trip c’est de te déguiser ?
Imagine dans l’ancien temps, c’est réel, ça se faisait, les femmes déguisaient les petits garçons en petites filles jusqu’à l’âge de cinq ans à peu près, on a des preuves de ça, on a même des photos de l’époque, authentiques.
C’était quoi l’idée, je me le demande encore.
(Entre parenthèses, mon processeur est pas fort fort, j’ai Windows XP « Professionnel », ça roule pas, j’ai pas assez de jus.)
(Retour à mon propos. ) Le déguisement des femmes en femmes, d’après moi, c’est une des conséquences de leur sexualité, ou de ce qu’on pourrait appeler leur « appareil sexuel ».
Tous les morceaux de leur appareil sont compliqués pour rien, il y a déjà de quoi te rendre folle si tu es une femme.
À part ça, dès que leur sexualité commence pendant la puberté, tout est compliqué, elles se mettent par exemple à être « menstruées », rien que le mot le dit : « menstruées », qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire, « menstruées » ? !
C’est pas un sexe que les femmes ont, c’est un appareil reproducteur, il semblerait que ça soit pour ça, les « menstruations », d’ailleurs leur vie « sexuelle » commence avec la première menstruation, justement, et quand elles sont vieilles elles font quoi, la « Grande Opération » en as-tu déjà entendu parler, toi, Chose ?
Mais j’y reviens, je suis pas fou : malgré tout, et même après La Grande Opération où elles se font jeter toute l’affaire à la poubelle, qu’est-ce que tu penses qu’elles continuent à faire, les femmes, la réponse est simple : elles continuent à se déguiser en femmes.
Ça doit faire partie de leur dressage.
Dressage, « dress », robe…
La pognes-tu ?
Lundi 22 décembre 2003

24 novembre 2017

20. Pauvre de moi

Je suis pauvre.
Je peux pas dire le contraire, je suis pauvre. Je suis vraiment pauvre.
Non, je suis pas « vraiment pauvre », je suis juste « pauvre ».
Quand on est pauvre, on est pauvre, c’est tout, on est pas pauvre un peu, à moitié, partiellement, à peu près, tout à fait, terriblement, absolument, épouvantablement, ridiculement, magnifiquement, on est juste pauvre.
Autrement dit, on a pas d’argent.
C’est pas qu’on a « pas tellement » d’argent, « pas assez » d’argent, « pas beaucoup » d’argent « en ce moment », non : on a juste pas d’argent.
Habituellement, les pauvres sont pauvres longtemps, toute leur vie, même, des fois, ça arrive assez souvent. Les riches sont riches en général toute leur vie eux autres aussi, quand tu as de l’argent la plupart du temps tu en as déjà eu avant, tu en as aujourd’hui, tu vas en avoir toute ta vie, tu vas être aimé toute ta vie aussi parce que tout le monde aime les riches qui ont de l’argent. Par contre, personne aime les pauvres, justement parce qu’ils ont pas d’argent, c’est comme mathématique, il y a pas vraiment moyen d’en sortir.
Quand tu es pauvre, tu es pas content parce que tu as rien et que tu peux pas rien avoir non plus. C’est pas facile d’avoir rien et de pas pouvoir rien avoir. Il faut que tu aies des céréales et du lait pour mettre dans tes céréales et de la crème à barbe et un briquet ou des allumettes et du savon pour laver ton linge et un sac de couchage et des ampoules et une télévision pour passer le temps et de la moutarde et de la margarine et du papier de toilette pour te torcher le cul et un timbre aussi de temps en temps et des lacets si par malheur tu casses un de tes lacets et un téléphone et du chauffage et finalement toutes sortes de choses presque essentielles rien que pour arriver à pas crever totalement.
Quand tu es pauvre, tu as pas de femme, tu as pas d’amis non plus, mais souvent tu as des enfants, par exemple, c’est bizarre, mais c’est vrai, on dirait que ça va ensemble, les enfants et la pauvreté, mais quand tu es pauvre tes enfants sont comme tout le monde, ils t’aiment pas parce que tu es pauvre et que tu as rien et que tu peux pas rien leur donner, même qu’ils t’en veulent d’être pauvre, tes enfants, ils te le reprochent d’être pauvre, ils se mettent à t’accuser d’être pauvre, comme si tu étais un vrai bandit, et ça c’est vraiment pas drôle.
Moi, une fois, quelqu’un m’a déjà dit : « Ta pauvreté me fait chier ! » Je lui avais rien fait, pourtant, moi, à ce gars-là, il aimait pas les pauvres, c’est tout, la pauvreté ça l’écœurait, il pouvait pas sentir ça, lui, la pauvreté, bref, il était comme tous les gens normaux sauf que lui il se gênait pas pour te le dire en pleine face, lui.
Pourquoi on est pauvre, parce que personne nous aime. C’est pour ça que personne veut nous donner de l’argent, si le monde nous aimaient ils nous donneraient de l’argent pour qu’on soit plus pauvre, mais comme ils nous aiment pas ils nous donnent pas d’argent.
Ou bien on est pauvre parce qu’on aime personne, personne nous donne de l’argent parce qu’on demande de l’argent à personne, parce qu’on aime personne. Il faut aimer quelqu’un pour lui demander quelque chose, en tout cas il faut lui dire qu’on a besoin de lui, et si on a besoin de personne on peut rien demander à personne, ça fait qu’on a rien, on est pauvre.
Des pauvres, il y en a en masse partout à travers le monde, mais ça on s’en fout, même les pauvres s’en foutent, ils aiment pas les pauvres eux autres non plus, les pauvres, ils s’aiment pas eux autres-mêmes, dans le fond du fond c’est pour ça qu’ils sont pauvres et qu’ils restent toujours pauvres, les pauvres. Mardi 23 décembre 2003

23 novembre 2017

21. Noël

Si je te dis : « Les mathématiques », je suis pas très sûr que ça t’intéresse.
Mais je suis peut-être pas très sûr que tu m’intéresses toi non plus, ça fait que… ?
Ça fait que, la manière dont ça marche, les mathématiques, c’est que tu as une base, autrement tu aurais seulement des unités et ça serait l’enfer. Disons que tu as la base « 10 », tu procèdes avec des multiples de « 10 », quatre fois dix ça fait quarante, dix fois dix ça fait cent, cent fois dix ça fait mille, etc.
Le système « métrique » (le mètre), c’est un système à base « 10 », dix décimètres (10 x 10) = un mètre, cent (10 x 10) centimètres = un mètre, etc.
Il existe aussi une base « 20 », etc., même qu’il existe une base « 60 ».
Compliqué, tu me diras. Non : les Babyloniens travaillaient avec une base « 60 » et il semblerait qu’on leur doit quoi… ?
Tu t’es jamais demandé pourquoi les minutes ont « 60 » secondes ?
Tu t’es jamais demandé pourquoi les heures ont « 60 » minutes ?
Une circonférence, c’est quoi ? C’est 360 degrés : 60 x 6. Base « 60 », ou base « 10 » (10 x 6 x 6 = 360), ou base « 20 » (20 x 3 x 6).
En cartographie, tu as la latitude et la longitude, le point où deux lignes se croisent, et les degrés de latitude et de longitude se divisent en « minutes » et en « secondes » : base « 60 ».
Tu me suis ?
Le cycle lunaire, lui, c’est quelque chose comme 28,3 jours.
« Jean-Guy est venu il y a plusieurs lunes. »
C’est une « base » un peu drôle. Comment tu calcules une année avec une base « lunaire » ?
28,3 x 12 = 339,6 jours.
Ça marche pas.
Avec un système à base « 20 » ça marche, les Incas entre autres l’ont trouvé, ou les Aztèques, tout le monde les mélange toujours, ces deux tribus-là.
Bref, les Incas ou les Mayas ou les je sais pas quoi ont découvert le Calendrier, les petits génies, ils ont découvert qu’une année terrestre, le temps que la Terre prend pour faire le tour du Soleil et que ça recommence, c’est un calcul mettons à base « 20 » : 20 x 18.
Je te vois venir, tu vas me dire : oui, mais il y a pas 20 x 18 (= 360) jours dans une année, il y en a 20 x 18 + 5 = 365.
Eh bien, et c’est là que les mathématiques ça devient vraiment intéressant, en fait il y a effectivement 360 jours dans une année.
Les peuples qui ont découvert le Calendrier, avec une « base » ou une autre, sont arrivés à un calcul de 360 jours par année, le reste des unités entrait pas dans leur système, c’est-à-dire dans une « base », ça fait qu’ils ont dit : « Une année, c’est 360 jours, plus quelques autres jours qui sont ce qu’on va appeler des non-jours, mettons, parce qu’ils marchent pas dans notre base, donc ces jours-là tu peux faire n’importe quoi parce que c’est des non-jours, c’est comme ça qu’on les explique ces jours-là, nous autres, avec notre Science des Mathématiques, OK, là ? »
OK.
Le monde qui connaissent rien sont toujours prêts à faire ce que le monde qui connaissent tout leur disent de faire, exemple : à chaque année, ils ont cinq jours (360 + 5) qui sont des non-jours, dans ces cinq jours-là il y en a un qu’ils ont baptisé « Noël », qui explique les quatre autres, ce qui fait un total de cinq en tout.
– C’est Noël, on est dans des non-jours, on peut devenir complètement débiles, les Incas l’ont dit, et ils étaient très intelligents, les Incas, ils ont même découvert Le Calendrier !
Et c’est là qu’arrive un redoutable prédateur, toujours le même, mais déguisé autrement, et il te mange tout ton argent.
Tu vois, c’est mathématique.
Mardi 23 décembre 2003

22 novembre 2017

22. Hier encore

– Qu’est-ce que tu as fait, toi, hier ?
– Moi, hier je me suis fait sucer, moi.
– Tu t’es fait sucer par qui ?
– Par une salope, qu’est-ce que tu penses ?
– Une salope, quelle salope ?
– Tu l’as peut-être déjà vue, elle est caissière, elle travaille à la petite épicerie à côté du magasin où ils vendent des sacs à dos.
– De quoi elle a l’air ?
– Je l’avais déjà remarquée avec sa grosse paire de boules, je l’ai rencontrée dans un bar hier soir par hasard et on est allé fourrer.– Elle baise comment, bien, mal ?
– C’est pas ça la question, c’est une salope, c’est tout, elle a tout ce qu’il faut pour.
– Salope dans quel genre ?
– Salope dans le genre Française, mettons.
– Française avec l’accent français ?
– J’ai rien contre.
– Moi non plus, au contraire, je trouve que c’est même assez cochon, le petit accent français, quand tu fourres.
– C’est ce que je me dis moi aussi.
– Quel âge elle a, ta Française ?
– Elle a dix-neuf ans, la petite christ de putain, tu devrais lui voir la paire de roberts, toi, Chose.
– Elle en a des gros ?
– Des melons, fermes, mais pas trop fermes.
– Oui, on aime ça quand ça bouge un peu, quand même.
– Ça bougeait, c’est tout ce que je peux te dire, c’est pas une fille maigre, j’aime pas les maigres.
– Moi non plus, j’aime pas les maigres.
– Les osseuses, c’est pas mon trip.
– Moi non plus, c’est pas mon trip.
– Les osseuses, même avec des grosses boules, j’aime pas ça.
– Moi non plus, j’aime pas ça.
– Une femme, il faut que ça ait des rondeurs.
– Oui, il faut que ça soit rond, mais pas trop, pas rond genre obèse, mettons.
– Il y a des grosses qui sont fourrables, mais c’est assez rare, finalement, je sais pas pourquoi. Elle, la Française, je lui donne dix ans et elle est grosse, elle est faite pour être grosse.
– Dans dix ans, elle sera plus là, de toute façon, j’imagine.
– C’est ce que je me dis, elle est pas laide, mais c’est pas une beauté non plus, ça fait que…
– La beauté, ça vaut ce que ça vaut.
– C’est le cul qui compte. Elle, en plus, elle a comme un certain charme, elle est petite fille, elle a souvent des tresses, si tu vois le genre.
– Française et petite fille, avec l’accent, ça doit être assez bandant. Quel âge elle a, tu m’as dit ?
– Dix-neuf.
– Young blood.
– Young blood mets-en, mais c’est pas parce qu’elle est jeune qu’elle est petite fille, c’est parce qu’elle est comme ça, elle est « juvénile », mettons, elle est enfant, il y en a des comme ça.
– Il y en a qui l’ont jamais été, « petite fille », et qui le seront jamais non plus.
– C’est ça, ça dépend pas tellement de l’âge. Elle, elle est quand même assez lourde, elle a des hanches, elle a des cuisses, elle a un cul aussi, mais elle est féminine, c’est pas de la graisse qu’elle a, c’est de la grâce, elle a une certaine grâce, mettons. Je t’en parle, je bande.
– Les Françaises, en général tu peux les enculer, ces femmes-là, c’est pas toutes les femmes qui veulent se faire enculer, en général.
– Je l’ai pas enculée, une fille que tu veux revoir tu l’encules pas le premier soir, tu l’encules juste si c’est une vraie câlisse de déchaînée, si tu sens que tu peux faire n’importe quoi, mais d’habitude le premier soir tout le monde est un peu plus tranquille, gars ou fille.
– Tu veux la revoir ?
– Non, je veux pas la revoir, je veux la fourrer, je l’enculerai bien assez vite, elle perd rien pour attendre avec son gros christ de cul sale d’hostie de Française, bref, elle me plaît la salope.
Mercredi 24 décembre 2003