Cinquante chroniques

25 novembre 2017

19. Éternel féminin

C’est vraiment très comique, les femmes.
Une des choses qui est le plus comique, à propos des femmes, personne le remarque jamais, en général, ça échappe à vraiment tout le monde, on dirait, c’est le fait assez étrange qu’elles se déguisent toutes en femmes.
Les hommes s’habillent ordinaire, comme du monde, c’est tout, les femmes, elles, s’habillent en femmes.
Ce qui est pas mal comique aussi, c’est que tout ce qui est réservé au déguisement des femmes est inutile ou idiot ou incompréhensible.
Par exemple : à quoi ça sert, les boucles d’oreille ?
À quoi ça sert, les talons hauts ?
À quoi ça sert, le parfum, je veux dire à moins de se faire inviter à Marie-France Bazzo pour un débat sur les odeurs avec Louise Forestier et le « cuisinier » Rimardo et d’autres tatas ?
À quoi ça sert, tout ça, à rien, on a pas vraiment besoin de ça.
Je me demande aussi comment ça se fait, moi, que les mannequins dans les boutiques de vêtements ils ont pas tous des hosties de melons, c’est quoi leur problème les hosties de magasins de linge, c’est quoi leur hostie de problème les hosties de compagnies qui font ces hosties de mannequins-là, c’est ce que j’aimerais bien savoir, moi.
Excellent sujet pour l’émission « Ici Marie-France Bazzo ! ».
En passant, j’ai déjà vu des images d’elle, moi, « Marie-France Bazzo », elle est comme qui dirait l’exemple parfait d’une « femme » qui se déguise en « femme », elle a plutôt l’air d’être faite pour la lutte gréco-romaine, je sais pas si c’est une idée que je me fais, mais son déguisement lui va pas tellement bien, je trouve, ça jure un peu.
Bref, quand un homme se « déguise », comme on dit, il se déguise habituellement en femme, c’est ce qu’on appelle les travestis, du mot « veste », vêtement, etc. Aucune femme au monde prend son pied à se déguiser en homme, ça se peut pas, se déguiser en homme ça revient à s’habiller ordinaire, c’est quoi l’intérêt d’avoir l’air ordinaire si ton trip c’est de te déguiser ?
Imagine dans l’ancien temps, c’est réel, ça se faisait, les femmes déguisaient les petits garçons en petites filles jusqu’à l’âge de cinq ans à peu près, on a des preuves de ça, on a même des photos de l’époque, authentiques.
C’était quoi l’idée, je me le demande encore.
(Entre parenthèses, mon processeur est pas fort fort, j’ai Windows XP « Professionnel », ça roule pas, j’ai pas assez de jus.)
(Retour à mon propos. ) Le déguisement des femmes en femmes, d’après moi, c’est une des conséquences de leur sexualité, ou de ce qu’on pourrait appeler leur « appareil sexuel ».
Tous les morceaux de leur appareil sont compliqués pour rien, il y a déjà de quoi te rendre folle si tu es une femme.
À part ça, dès que leur sexualité commence pendant la puberté, tout est compliqué, elles se mettent par exemple à être « menstruées », rien que le mot le dit : « menstruées », qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire, « menstruées » ? !
C’est pas un sexe que les femmes ont, c’est un appareil reproducteur, il semblerait que ça soit pour ça, les « menstruations », d’ailleurs leur vie « sexuelle » commence avec la première menstruation, justement, et quand elles sont vieilles elles font quoi, la « Grande Opération » en as-tu déjà entendu parler, toi, Chose ?
Mais j’y reviens, je suis pas fou : malgré tout, et même après La Grande Opération où elles se font jeter toute l’affaire à la poubelle, qu’est-ce que tu penses qu’elles continuent à faire, les femmes, la réponse est simple : elles continuent à se déguiser en femmes.
Ça doit faire partie de leur dressage.
Dressage, « dress », robe…
La pognes-tu ?
Lundi 22 décembre 2003

24 novembre 2017

20. Pauvre de moi

Je suis pauvre.
Je peux pas dire le contraire, je suis pauvre. Je suis vraiment pauvre.
Non, je suis pas « vraiment pauvre », je suis juste « pauvre ».
Quand on est pauvre, on est pauvre, c’est tout, on est pas pauvre un peu, à moitié, partiellement, à peu près, tout à fait, terriblement, absolument, épouvantablement, ridiculement, magnifiquement, on est juste pauvre.
Autrement dit, on a pas d’argent.
C’est pas qu’on a « pas tellement » d’argent, « pas assez » d’argent, « pas beaucoup » d’argent « en ce moment », non : on a juste pas d’argent.
Habituellement, les pauvres sont pauvres longtemps, toute leur vie, même, des fois, ça arrive assez souvent. Les riches sont riches en général toute leur vie eux autres aussi, quand tu as de l’argent la plupart du temps tu en as déjà eu avant, tu en as aujourd’hui, tu vas en avoir toute ta vie, tu vas être aimé toute ta vie aussi parce que tout le monde aime les riches qui ont de l’argent. Par contre, personne aime les pauvres, justement parce qu’ils ont pas d’argent, c’est comme mathématique, il y a pas vraiment moyen d’en sortir.
Quand tu es pauvre, tu es pas content parce que tu as rien et que tu peux pas rien avoir non plus. C’est pas facile d’avoir rien et de pas pouvoir rien avoir. Il faut que tu aies des céréales et du lait pour mettre dans tes céréales et de la crème à barbe et un briquet ou des allumettes et du savon pour laver ton linge et un sac de couchage et des ampoules et une télévision pour passer le temps et de la moutarde et de la margarine et du papier de toilette pour te torcher le cul et un timbre aussi de temps en temps et des lacets si par malheur tu casses un de tes lacets et un téléphone et du chauffage et finalement toutes sortes de choses presque essentielles rien que pour arriver à pas crever totalement.
Quand tu es pauvre, tu as pas de femme, tu as pas d’amis non plus, mais souvent tu as des enfants, par exemple, c’est bizarre, mais c’est vrai, on dirait que ça va ensemble, les enfants et la pauvreté, mais quand tu es pauvre tes enfants sont comme tout le monde, ils t’aiment pas parce que tu es pauvre et que tu as rien et que tu peux pas rien leur donner, même qu’ils t’en veulent d’être pauvre, tes enfants, ils te le reprochent d’être pauvre, ils se mettent à t’accuser d’être pauvre, comme si tu étais un vrai bandit, et ça c’est vraiment pas drôle.
Moi, une fois, quelqu’un m’a déjà dit : « Ta pauvreté me fait chier ! » Je lui avais rien fait, pourtant, moi, à ce gars-là, il aimait pas les pauvres, c’est tout, la pauvreté ça l’écœurait, il pouvait pas sentir ça, lui, la pauvreté, bref, il était comme tous les gens normaux sauf que lui il se gênait pas pour te le dire en pleine face, lui.
Pourquoi on est pauvre, parce que personne nous aime. C’est pour ça que personne veut nous donner de l’argent, si le monde nous aimaient ils nous donneraient de l’argent pour qu’on soit plus pauvre, mais comme ils nous aiment pas ils nous donnent pas d’argent.
Ou bien on est pauvre parce qu’on aime personne, personne nous donne de l’argent parce qu’on demande de l’argent à personne, parce qu’on aime personne. Il faut aimer quelqu’un pour lui demander quelque chose, en tout cas il faut lui dire qu’on a besoin de lui, et si on a besoin de personne on peut rien demander à personne, ça fait qu’on a rien, on est pauvre.
Des pauvres, il y en a en masse partout à travers le monde, mais ça on s’en fout, même les pauvres s’en foutent, ils aiment pas les pauvres eux autres non plus, les pauvres, ils s’aiment pas eux autres-mêmes, dans le fond du fond c’est pour ça qu’ils sont pauvres et qu’ils restent toujours pauvres, les pauvres. Mardi 23 décembre 2003

23 novembre 2017

21. Noël

Si je te dis : « Les mathématiques », je suis pas très sûr que ça t’intéresse.
Mais je suis peut-être pas très sûr que tu m’intéresses toi non plus, ça fait que… ?
Ça fait que, la manière dont ça marche, les mathématiques, c’est que tu as une base, autrement tu aurais seulement des unités et ça serait l’enfer. Disons que tu as la base « 10 », tu procèdes avec des multiples de « 10 », quatre fois dix ça fait quarante, dix fois dix ça fait cent, cent fois dix ça fait mille, etc.
Le système « métrique » (le mètre), c’est un système à base « 10 », dix décimètres (10 x 10) = un mètre, cent (10 x 10) centimètres = un mètre, etc.
Il existe aussi une base « 20 », etc., même qu’il existe une base « 60 ».
Compliqué, tu me diras. Non : les Babyloniens travaillaient avec une base « 60 » et il semblerait qu’on leur doit quoi… ?
Tu t’es jamais demandé pourquoi les minutes ont « 60 » secondes ?
Tu t’es jamais demandé pourquoi les heures ont « 60 » minutes ?
Une circonférence, c’est quoi ? C’est 360 degrés : 60 x 6. Base « 60 », ou base « 10 » (10 x 6 x 6 = 360), ou base « 20 » (20 x 3 x 6).
En cartographie, tu as la latitude et la longitude, le point où deux lignes se croisent, et les degrés de latitude et de longitude se divisent en « minutes » et en « secondes » : base « 60 ».
Tu me suis ?
Le cycle lunaire, lui, c’est quelque chose comme 28,3 jours.
« Jean-Guy est venu il y a plusieurs lunes. »
C’est une « base » un peu drôle. Comment tu calcules une année avec une base « lunaire » ?
28,3 x 12 = 339,6 jours.
Ça marche pas.
Avec un système à base « 20 » ça marche, les Incas entre autres l’ont trouvé, ou les Aztèques, tout le monde les mélange toujours, ces deux tribus-là.
Bref, les Incas ou les Mayas ou les je sais pas quoi ont découvert le Calendrier, les petits génies, ils ont découvert qu’une année terrestre, le temps que la Terre prend pour faire le tour du Soleil et que ça recommence, c’est un calcul mettons à base « 20 » : 20 x 18.
Je te vois venir, tu vas me dire : oui, mais il y a pas 20 x 18 (= 360) jours dans une année, il y en a 20 x 18 + 5 = 365.
Eh bien, et c’est là que les mathématiques ça devient vraiment intéressant, en fait il y a effectivement 360 jours dans une année.
Les peuples qui ont découvert le Calendrier, avec une « base » ou une autre, sont arrivés à un calcul de 360 jours par année, le reste des unités entrait pas dans leur système, c’est-à-dire dans une « base », ça fait qu’ils ont dit : « Une année, c’est 360 jours, plus quelques autres jours qui sont ce qu’on va appeler des non-jours, mettons, parce qu’ils marchent pas dans notre base, donc ces jours-là tu peux faire n’importe quoi parce que c’est des non-jours, c’est comme ça qu’on les explique ces jours-là, nous autres, avec notre Science des Mathématiques, OK, là ? »
OK.
Le monde qui connaissent rien sont toujours prêts à faire ce que le monde qui connaissent tout leur disent de faire, exemple : à chaque année, ils ont cinq jours (360 + 5) qui sont des non-jours, dans ces cinq jours-là il y en a un qu’ils ont baptisé « Noël », qui explique les quatre autres, ce qui fait un total de cinq en tout.
– C’est Noël, on est dans des non-jours, on peut devenir complètement débiles, les Incas l’ont dit, et ils étaient très intelligents, les Incas, ils ont même découvert Le Calendrier !
Et c’est là qu’arrive un redoutable prédateur, toujours le même, mais déguisé autrement, et il te mange tout ton argent.
Tu vois, c’est mathématique.
Mardi 23 décembre 2003

22 novembre 2017

22. Hier encore

– Qu’est-ce que tu as fait, toi, hier ?
– Moi, hier je me suis fait sucer, moi.
– Tu t’es fait sucer par qui ?
– Par une salope, qu’est-ce que tu penses ?
– Une salope, quelle salope ?
– Tu l’as peut-être déjà vue, elle est caissière, elle travaille à la petite épicerie à côté du magasin où ils vendent des sacs à dos.
– De quoi elle a l’air ?
– Je l’avais déjà remarquée avec sa grosse paire de boules, je l’ai rencontrée dans un bar hier soir par hasard et on est allé fourrer.– Elle baise comment, bien, mal ?
– C’est pas ça la question, c’est une salope, c’est tout, elle a tout ce qu’il faut pour.
– Salope dans quel genre ?
– Salope dans le genre Française, mettons.
– Française avec l’accent français ?
– J’ai rien contre.
– Moi non plus, au contraire, je trouve que c’est même assez cochon, le petit accent français, quand tu fourres.
– C’est ce que je me dis moi aussi.
– Quel âge elle a, ta Française ?
– Elle a dix-neuf ans, la petite christ de putain, tu devrais lui voir la paire de roberts, toi, Chose.
– Elle en a des gros ?
– Des melons, fermes, mais pas trop fermes.
– Oui, on aime ça quand ça bouge un peu, quand même.
– Ça bougeait, c’est tout ce que je peux te dire, c’est pas une fille maigre, j’aime pas les maigres.
– Moi non plus, j’aime pas les maigres.
– Les osseuses, c’est pas mon trip.
– Moi non plus, c’est pas mon trip.
– Les osseuses, même avec des grosses boules, j’aime pas ça.
– Moi non plus, j’aime pas ça.
– Une femme, il faut que ça ait des rondeurs.
– Oui, il faut que ça soit rond, mais pas trop, pas rond genre obèse, mettons.
– Il y a des grosses qui sont fourrables, mais c’est assez rare, finalement, je sais pas pourquoi. Elle, la Française, je lui donne dix ans et elle est grosse, elle est faite pour être grosse.
– Dans dix ans, elle sera plus là, de toute façon, j’imagine.
– C’est ce que je me dis, elle est pas laide, mais c’est pas une beauté non plus, ça fait que…
– La beauté, ça vaut ce que ça vaut.
– C’est le cul qui compte. Elle, en plus, elle a comme un certain charme, elle est petite fille, elle a souvent des tresses, si tu vois le genre.
– Française et petite fille, avec l’accent, ça doit être assez bandant. Quel âge elle a, tu m’as dit ?
– Dix-neuf.
– Young blood.
– Young blood mets-en, mais c’est pas parce qu’elle est jeune qu’elle est petite fille, c’est parce qu’elle est comme ça, elle est « juvénile », mettons, elle est enfant, il y en a des comme ça.
– Il y en a qui l’ont jamais été, « petite fille », et qui le seront jamais non plus.
– C’est ça, ça dépend pas tellement de l’âge. Elle, elle est quand même assez lourde, elle a des hanches, elle a des cuisses, elle a un cul aussi, mais elle est féminine, c’est pas de la graisse qu’elle a, c’est de la grâce, elle a une certaine grâce, mettons. Je t’en parle, je bande.
– Les Françaises, en général tu peux les enculer, ces femmes-là, c’est pas toutes les femmes qui veulent se faire enculer, en général.
– Je l’ai pas enculée, une fille que tu veux revoir tu l’encules pas le premier soir, tu l’encules juste si c’est une vraie câlisse de déchaînée, si tu sens que tu peux faire n’importe quoi, mais d’habitude le premier soir tout le monde est un peu plus tranquille, gars ou fille.
– Tu veux la revoir ?
– Non, je veux pas la revoir, je veux la fourrer, je l’enculerai bien assez vite, elle perd rien pour attendre avec son gros christ de cul sale d’hostie de Française, bref, elle me plaît la salope.
Mercredi 24 décembre 2003

21 novembre 2017

23. Un chausson avec ça ?

– La Française, tu l’as revue ?
– La petite fille ?
– Oui.
– Oui, je l’ai revue, je voulais la refourrer, je l’ai refourrée.
– Moi, l’autre jour, j’ai fourré une négresse.
– Quand ça, l’autre jour ?
– Je sais pas, la semaine dernière, je pense.
– Il commence à y en avoir pas mal, des négresses, en ville, tu trouves pas, toi ?
– Une belle négresse, moi j’aime ça, négresse ou n’importe quoi, de toute façon une belle femme c’est une belle femme.
– Moi aussi j’aime ça, les négresses, en tout cas j’ai rien contre, mettons, au contraire.
– Les négresses, avec les babines qu’elles ont, tu te fais sucer comme un dieu, mon ami, par ces filles-là, ça se peut pas.
– Les babines, les boules, le cul, elles sont faites comme des vraies machines à fourrer, ces salopes-là.
– À quatre pattes par en arrière, le cul d’une négresse c’est quelque chose en tabarnak.
– Elles ont le cul pour les fourrer par en arrière, mets-en.
– Par contre, une négresse par en arrière c’est noir pas rien qu’à peu près, si tu lui vois pas les yeux, les dents par en avant, c’est dans le très noir, merci.
– La nuit, surtout.
– Exact.
– En fait, le problème avec les négresses, c’est que tu peux pas être trop sado-maso, il y a toujours l’éternelle affaire de l’esclavage, du racisme, il faut que tu fasses attention si tu veux, mettons, les enchaîner, ou les fouetter ou leur cracher dessus en les fourrant.
– C’est vrai, tu peux pas les traiter de n’importe quoi, genre « mon hostie de chienne », la fille va se mettre à penser que tu es raciste, que tu le penses vraiment.
– Oui, mais si elle pense ça, c’est parce qu’elle est pas vite vite, la fille.
– D’un autre côté, ça fait un peu drôle si la négresse c’est une « dominatrice », si c’est elle la sado qui veut te fouetter, tu as comme l’impression qu’elle se venge sur toi de son esclavage, tu payes pour tous les hosties de Blancs racistes qui l’ont fait chier toute sa vie.
– Ça dépend, si tu es un vrai maso, tu dois aimer ça, c’est encore plus excitant d’être l’esclave d’une femme négresse que de n’importe quel autre genre de femme, il me semble.
– Autrement dit, il y a du pour et du contre.
– C’est à peu près ça.
– Avec les négresses, il y a une autre affaire, par exemple, il faut que tu fasses vraiment attention pour pas que la fille tombe enceinte.
– Pourquoi tu dis ça ?
– Mettons que la fille a un enfant et que c’est un garçon, il grandit, à quinze ans c’est comme une copie de toi, c’est comme un deuxième « toi-même », parce que c’est ton fils, mais tu es devenu à moitié nègre, tu imagines le trip ?
– Méchante mutation.
– Tu as beau pas être raciste, de là à vouloir devenir un nègre, je sais pas si ça me tenterait vraiment, moi.
– Oui, mais la négresse peut avoir une fille au lieu d’un garçon, à ce moment-là c’est pas comme si ton deuxième toi-même c’était un nègre, puisque toi tu es pas une fille.
– Ta fille, c’est quand même ta fille, c’est un peu comme un autre toi-même dans ce sens-là.
– En tout cas, ça fait des beaux mélanges, moi je trouve, j’aime ça, moi, les mulâtres, les femmes mulâtres, surtout, c’est pas trop nègre, c’est pas trop blanc non plus, c’est « exotique », mais pas pour virer fou.
– Oui, mais si ton enfant est à moitié nègre, je sais pas, moi, c’est un assez drôle de trip, tu trouves pas ? En tout cas, moi je pense que j’y penserais deux fois avant de m’embarquer…
Jeudi 25 décembre 2003

20 novembre 2017

24. Un rêve québécois

– Les femmes, c’est toutes des salopes, finalement, mais la crème de la crème, la pire salope des salopes, c’est la femme slave.
– Qu’est-ce que tu en sais, toi ?
– Ça se voit, il me semble.
– Ça se voit comment ?
– Tu as rien qu’à les regarder, ça se voit dans leurs faces. Moi, si j’avais une femme, j’aimerais que ça soit une femme slave, j’aime le genre de face qu’elles ont, les Slaves.
– Je pensais que tu voulais dire « salopes » dans le mauvais sens du mot.
– Dans les deux sens du mot, la femme slave c’est la crème des salopes. D’abord ces femmes-là elles sont comme les hommes de là-bas, c’est normal, il a bien fallu qu’elles s’adaptent. Qu’est-ce qu’ils font, les Slaves, tu penses ? Ils boivent. Donc leurs femmes boivent aussi, je veux dire les femmes slaves en général.
– C’est vrai qu’une femme il faut que ça boive au moins un peu de temps en temps, l’alcool ça déniaise, même si tu es une femme.
– Tu te rends compte, eux autres les Slaves ils carburent à la vodka, imagine leurs femmes quand elles se mettent à pinter, les putains !
– Oui, je commence à comprendre.
– D’ailleurs avec de la vodka tu bois pas « un peu de temps en temps », même si tu es une femme, c’est ça, l’astuce, tu bois comme un cochon, tu bois tout le temps et tu déconnes comme un vrai dangereux malade, que tu sois un homme ou une femme, ça y change rien. Imagine, des pays comme la Crobatie, mettons, où tu peux avoir des femmes soûles à longueur de journée tant que tu en veux, j’émigre, moi !
– En plus elles ont l’âme slave, le genre torturé, le tourment perpétuel pour rien.
– C’est ça, elles sont toutes à moitié folles, tu les fais boire et tu les manipules comme tu le veux, tu leur fais faire n’importe quoi.
– Il faut reconnaître qu’un gars comme Raspoutine, mettons, je l’aurais pas tellement vu à la cour de France, moi, pourtant c’était pas il y a mille ans, Raspoutine, c’était au début du vingtième siècle, si je me souviens bien.
– Raspoutine, c’était un genre de moine de quelque sorte. Qu’est-ce qu’il faisait, d’après toi, ce pété-là ? Il se mettait soûl et il partait à halluciner comme un hostie de perdu et il fourrait des femmes tant qu’il en voulait, des femmes slaves, naturellement, des femmes slaves qui se gavaient de vodka avec lui et qui se laissaient fourrer par le clown, même si il leur racontait qu’il était curé ou je sais pas quoi.
– Oui, l’alcool, le sexe, la religion, la folie, c’est quand même assez bandant comme mélange.
– Prends Roch Thériault, « le Moïse québécois », tu as justement la religion, la folie, le sexe, la barbe à Raspoutine, tu as la « commune » au fin fond des bois, la cabane en bois rond, « l’isba », la neige, l’hiver qui en finit pas, tu as toute l’affaire pareil comme en Russie. Tu rajoutes de la vodka à volonté aux autres ingrédients, c’est le top de la partouze, l’orgie sans fin, le summum du délire. À côté de ça, les kids de Led Zeppelin dans une chambre d’hôtel avec une gang de petites groupies de quinze ans qui fument du pot, c’est un vrai gag.
– La nouille que « Moïse » lui a demandé de se couper le bras, elle était même pas soûle.
– Imagine toute une tribu, un harem de femmes slaves dans une cabane, au milieu de nulle part, en Gaspésie, avec de la vodka à pleins barils, tu te laisses pousser le poil, tu leur parles du Bon Dieu jour et nuit, tu les tourmentes à plus finir, tu les rends folles avec tes histoires de dégénéré, elles, avec leur « âme slave », elles en sortent plus, tu leur commandes n’importe quoi et elles disent pas un mot, elles, elles t’obéissent comme au Pape, les salopes, toi tu règnes, c’est toi le king.
– Oui, ça serait pas mal, ça, finalement.
– Mets-en que ça serait pas mal, Chose.
Jeudi 25 décembre 2003

19 novembre 2017

25. Vivant

– J’ai aucun statut.
– Qu’est-ce que tu veux dire, tu as aucun statut ?
– Je suis nulle part.
– Comment ça, nulle part, tout le monde est quelque part.
– Moi je suis nulle part.
– Tout ce qui existe est quelque part, tu peux pas exister et pas être quelque part.
– Moi je suis nulle part.
– Nulle part où ?
– Nulle part nulle part.
– Tu essayes de te rendre intéressant, ou quoi ?
– Tu trouves ça intéressant, toi, d’être nulle part ?
– Tu peux pas être nulle part.
– Moi je suis nulle part.
– Ça veut dire quoi, être nulle part, ça veut dire avoir aucun statut ? Tout le monde a un statut.
– Moi j’ai aucun statut.
– Si tu es une pute, tu as un statut, si tu es un junkie, tu as un statut, si tu es un condamné à mort, tu as un statut, tout le monde a un statut. Si tu es mort, tu as un statut, ton statut c’est d’être mort. « Statut du mort : personne décédée. »
–Tout le monde a un statut mais pas moi.
– Admettons que ça soit vrai.
– C’est vrai.
– Admettons. Qu’est-ce que ça peut te faire ? Qu’est-ce que ça peut faire à qui ?
– Si tu as pas de statut, tu existes pas.
– Tu peux pas pas exister, c’est impossible de pas exister. Même mort, tu existes en tant que mort, tu existes dans un trou, au cimetière, ou dans une urne, je sais pas où, mais tu existes.
– Même les morts existent, c’est ça, hein ?
– Oui, même les morts existent, les morts existent en tant que morts. « Mon père est mort », donc il a existé, donc il existe en tant que mort, autrement on pourrait pas dire « mon père est mort ».
– Je suis pas mort, moi.
– C’est ce que je te dis aussi.
– Si j’étais mort, je pourrais peut-être avoir le statut d’être mort, mais c’est pas le cas.
– Tu as le statut de pas être mort, tu as le statut d’être vivant.
– C’est pas un statut, ça, « d’être vivant ».
– C’est un statut opposé au statut d’être mort.
– Tout ce qui est vivant est vivant, je vois pas l’intérêt de dire que ton statut c’est d’être vivant si tu es vivant, c’est pas un vrai statut, ça.
– C’est un statut, mais admettons que c’en soit pas un.
– C’en est pas un.
– Admettons que ça en soit pas un. Tu es vivant, tu as pas de statut, supposément, mais tu existes, puisque tu es vivant. Si tu existes, tu existes quelque part, donc tu es quelque part, donc tu es pas nulle part.
– « Supposément », ça existe même pas en français.
– Oui, ça existe.
– Non, ça existe pas, tu peux pas former un adverbe à partir de n’importe quel adjectif, « supposé » ça existe comme adjectif, « supposément » ça existe pas comme adverbe.
– Ça existe, puisque je peux dire « supposément », je pourrais pas dire « supposément » si « supposément » ça existait pas.
– Tu peux pas dire « supposément ».
– Je peux bien dire « supposément » si j’ai envie de dire « supposément », je peux inventer n’importe quel mot, si je le veux, l’important c’est que le monde me comprennent.
– Tu peux pas inventer n’importe quel mot et que tout le monde te comprenne.
– Tout le monde comprend ce que ça veut dire, « supposément ».
– Tout le monde peut-être, mais pas moi.
Vendredi 26 décembre 2003